Le petit frère d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des cerveaux présumés des attentats de Paris, aurait l’intention de rentrer en France pour « venger son frère ».
Par Le Point.fr
« J’arrive ici à 10 heures. » Cette phrase prononcée le 18 février dernier lors d’un échange téléphonique a mis les services européens en alerte. Son auteur n’est autre que Younes Abaaoud, le petit frère d’Abdelhamid, l’un des cerveaux présumés des attentats de Paris du 13 novembre, mort le 18 novembre à Saint-Denis lors de l’assaut du Raid et de la BRI. Aujourd’hui âgé de 15 ans, Younes n’en avait que 13 lorsqu’en janvier 2014 son grand frère est venu le chercher à l’école de Molenbeek pour l’emmener en Syrie rejoindre les rangs de l’organisation État islamique (EI). Un troisième frère, Yacine, est quant à lui emprisonné au Maroc.
Des fratries de djihadistes
À peine trois semaines après les attentats de Paris, le visage de Younes était réapparu sur les réseaux sociaux : le « plus jeune des djihadistes étrangers » (tel qu’il est surnommé par Daech) chercherait à « venger son frère ». Depuis, Younes apparaît régulièrement en photo sur les réseaux sociaux, armé d’une kalachnikov. Le 9 février 2016, les services de renseignements apprennent la prétendue mort de Younes, mais les enquêteurs belges retrouvent sa trace en Arabie saoudite, selon une note d’Interpol consultée par Paris Match . Selon cette note, l’adolescent aurait pu changer son aspect physique et se déplacer sous une fausse identité. Contacté par la rédaction de Paris Match, le ministère de l’Intérieur conteste l’information selon laquelle Younes Abaaoud serait revenu en France. Difficile toutefois d’en être sûr à 100 %.
Younes Abaaoud n’est pas le seul petit frère à avoir voulu suivre l’exemple de son aîné. Ainsi, Sabri Essid, le demi-frère de Mohamed Merah (le terroriste à l’origine d’une série d’attentats dans la région toulousaine en mars 2012) était apparu dans une vidéo diffusée par l’EI, qui mettait en scène un homme qui abattait un prisonnier d’une balle dans la tête. Et ils ne sont pas les seuls : Daech entraîne des centaines d’enfants au combat, ses « lionceaux du califat » qui sont soumis à des entraînements militaires et à des bourrages de crâne permanents. À quinze ans, ils peuvent à leur tour choisir de devenir de véritables combattants salariés de l’EI. Quinze ans : l’âge de Younes Abaaoud aujourd’hui.