Société

Zineb El Adaoui, Marrakech et la « lex de saltu »

L’incident fâcheux dont a été victime le wali-inspecteur général de l’administration territoriale, Zineb El Adaoui, à Marrakech le weekend dernier, démontre à quel point la situation du secteur des taxis, petits et grands, est dramatique.

La gentille dame, dont l’allure et le paraître inspirent pourtant sympathie et respect, a été agressée verbalement par un chauffeur de taxi qui aurait, selon plusieurs supports qui ont relayé l’affaire et à l’accoutumée de ses semblables de la ville ocre, réclamé un tarif exorbitant pour une course en ville tout à fait normale.

Le mauvais quart d’heure passé par El Adaoui à Marrakech n’était que le reflet de la réalité quotidienne qu’endurent les Marocains dans les grandes villes du Royaume, obligés de se plier aux oukases des chauffeurs de taxis. Refuser de transporter des clients vers leurs destinations, refuser de mettre le compteur et négocier le prix de la course à l’avance, invectiver les autres conducteurs et même les clients à l’ouïe de dames, de demoiselles et de messieurs respactables, rouler vite et enfreindre le code de la route et la liste et longue comme un jour sans pain des dérapages d’une bonne partie de ces quidams auxquels on a confié un secteur vital sans oublier l’état déplorable des véhicules et ceux qui ne guettent que les étrangers et refusent de transporter les nationaux!

Cette triste réalité n’est pas un secret. Les forums, réseaux sociaux, sites de presse, pullulent de commentaires, témoignages, articles, photos et vidéos qui dénoncent ces agissements, mais à qui parle-t-on? Les autorités semblent incapables de sévir contre les chauffeurs de taxis qui ne respectent pas les règlements et qui imposent la loi de la jungle.

Il y a quelques années de cela, ils se sont allés même jusqu’à se constituer en véritables factions armées pour « défendre leurs intérêts » avec l’avènement du service Uber. Les vidéos de chauffeurs Uber passés à tabac par ces énergumènes abondent sur youtube. Un de leurs représentants est allé même jusqu’à dire sur les ondes d’une radio privée « qu’ils se réservaient le droit d’user de la force pour défendre leurs intérêts », or, on sait très bien que la coercition ressort du seul pouvoir de l’Etat. Les chauffeurs de taxis se sont-ils alors érigés en pouvoir public parallèle?

On peut continuer à se réjouir de la nomination d’une dame aussi compétente tel Nadia Fettah Alaoui à la tête du ministère du Tourisme, des actions menées par l’Office national marocain du Tourisme ça et là et par ses percées dans tel ou tel marché, mais tous les projets seront voués à l’échec tant que la situation d’un secteur aussi vital tel celui des taxis demeure inchangée. Comme on le sait tous, « si un touriste satisfait en vaut deux, le mécontent en revanche en vaudra vingt » et en matière de taxis les sources de l’exaspération sont intarissables.

À Agadir, on commence à se focaliser sur les marchés britannique, allemand et nordique et on se demande comment la ville compte assurer le déplacement de ces touristes aux morphologies imposantes avec ses vétustes taxis Peugeot 205?

Méditons!

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