Certains restaurateurs d’Agadir semblent se moquer de la loi. Une opération de surveillance, menée par les éléments des brigades dépêchées par la DGSN récemment à Agadir, a levé le voile sur les pratiques scandaleuses d’un restaurateur dans la marina qui sert à ses clients des boissons alcoolisées sans autorisation préalable de vente. Plus pis, ou moins pis ( ?), un autre restaurateur se sert d’une autorisation au nom d’une personne décédée pour servir les spiritueux.
Des éléments de ces brigades, qui ont mis la main à la pâte dès leur arrivée à la capitale de Souss pour lutter contre la criminalité et assurer l’ordre durant cette saison estivale, ont mené une inspection dans les différents restaurants, clubs de nuit et hôtels de la ville. Premier constat : la majeure partie des hôteliers et restaurateurs de la ville utilisent une seule autorisation de vente de boissons alcoolisées pour servir vins et bières dans plusieurs clubs de nuit qui leur sont affiliés, alors que la loi les autorise à ouvrir un seul club de nuit pour chaque hôtel. Autre violation des lois en vigueur : le respect des horaires d’ouverture et de fermeture des établissements agréés à vendre les spiritueux où l’on confond, volontiers, restaurants avec clubs de nuit et hôtels.
Ainsi, des rapports ont été établis contre les hôteliers et restaurateurs enfreignant et adressés aux responsables sécuritaires locaux et autres parties concernées pour faire appliquer les lois en vigueur et prendre les mesures qui s’imposent.
Rappelons ici que le site Machahid.info n’avait de cesse de soulever cette question et de mettre à nu les pratiques de certains restaurateurs et hôteliers qui s’amusent volontiers à confondre les textes de loi régissant les restaurants avec ceux qui régissent les hôtels et les clubs de nuit.
Une transgression de la loi qui a fait perdre aux caisses du Conseil communal d’Agadir pas moins de 50 millions de dirhams entre 2006 et 2018 si on sait que la taxe communale appliquée pour la vente des spiritueux pour les restaurants est de 25 mille dirhams, alors qu’elle passe à 170 mille dirhams pour les clubs de nuit et que pas mal de restaurants se sont convertis en espaces pour servir vins, bières et chicha qui demeurent ouverts au-delà des horaires qui leur sont fixés. Une situation qui a poussé les autorités relevant de la wilaya de Souss-Massa et du Conseil communal d’Agadir à se pencher sur un nouveau cahier de charges plus détaillé pour lutter contre ce fléau qui a terni l’image de la ville.
Ce nouveau cahier de charges, qui peine à entrer en vigueur, oblige les restaurants dits « touristiques » à fermer à 2 heures du matin et à ne pas servir la chicha aux clients, apprend-t-on de sources bien informées. Ce même cahier de charge envisage des horaires d’ouverture et de fermeture allant de 22h à 5h du matin pour les clubs de nuit dont la licence ne prévoit pas les services de restauration.