Le Premier ministre libanais Saâd Hariri aurait versé la somme de 16 millions de dollars (14,7 millions d’euros) à une jeune mannequin sud-africaine, rapporte Le New York Times.
Rien d’illégal, selon les lois libanaises ou sud-africaines, à ce « cadeau » reçu par la jeune mannequin Candice van der Merwe, précise toutefois le quotidien américain. Saâd Hariri, fils du milliardaire Rafic Hariri tué dans un attentat à Beyrouth en 2005, n’était pas en poste quand il aurait effectué ces versements en 2013.
La somme interpelle, mais aussi les déclarations de la jeune femme. Elle affirme n’avoir entretenu qu’une « relation informelle » avec le chef du gouvernement libanais, après une rencontre dans un hôtel de luxe aux Seychelles, The Plantation Club, où elle avait été recrutée à l’âge de 19 ans.
Selon le New York Times, le service de communication de Saâd Hariri n’a pas souhaité répondre aux questions posées sur cette supposée relation ni sur les éventuels cadeaux offerts à Candice van der Merwe.
Contrainte de donner le nom de son bienfaiteur
Le nom de Premier ministre libanais serait apparu lors d’une procédure de la justice sud-africaine entamée à l’encontre de Candice van der Merwe pour fraude fiscale. Son implication était jusqu’alors restée confidentielle.
La justice sud africaine avait dans un premier temps pensé que cette somme de 16 millions de dollars provenait du père de la jeune femme, Gary van der Merwe, condamné à plusieurs reprises pour fraude fiscale. Mais Candice van der Merwe aurait été dans l’obligation de prouver le contraire et de donner le nom de son bienfaiteur. L’affaire s’était conclue par un règlement à l’amiable avec les autorités fiscales en 2016.
Depuis, la jeune mannequin a contre-attaqué et poursuit l’État sud-africain en justice pour harcèlement fiscal en lui réclamant 65 millions de dollars de dommages et intérêts. Ses intentions ont été rendues publiques dans la presse sud-africaine à la fin de l’année 2018.