Par Saoudi El Amalki
La saison estivale touche à sa fin, non sans regret pour nombre de citoyens, en grande frustration. Des ménages marocains qui de coutume, font leurs valises pour se rendre à leur destination de prédilection, en particulier dans le balnéaire du nord comme le sud du pays.
Aujourd’hui, peu d’estivants ont pris le « risque » de se déplacer pour changer de l’air, en raison de la pandémie. En ces périodes d’été, les vacanciers ainsi que les résidents ont l’habitude de meubler leur séjour par la fièvre des festivals enflammés, un peu partout sur le littoral national ou encore dans les régions du centre du royaume.
Malheureusement, cette année, lors de ce mois d’août qui vient d’expirer, cette tradition bat de l’aile d’une manière si rude que les artisans de l’événementiel en ont quasiment pris un cuisant revers. En fait, plusieurs événements phares ont été carrément annulés, depuis déjà fort longtemps, à l’instar de Mawazine de Rabat, de Timitar d’Agadir, de Gnaoua d’Essaouira, du Rire de Marrakech, du Cinéma méditerranéen de Tétouan, de la Musique sacrée de Fès…L’épidémie a donc cruellement avorté toutes ces rencontres massives auxquelles sont habituées des foules pharaoniques, à la recherche de la volupté sensuelle que leur procure la proximité magique avec les chantres de la musique, sous ses divers cieux de la planète.
L’événementiel prospère en été plus spécialement, à propos duquel les professionnels de la conception des espaces de spectacles et leur contingent de main d’œuvre, en terme de montage de chapiteaux et ses structures, d’effets lumineux et sonores, ont dû amèrement accuser le coup de cette crise virale qui vient chambouler leur seule occasion de l’année, de bien se frotter les mains. De leur côté, les artistes, tous styles de musique confondus, ont aussi souffert le martyr de l’annulation de ce rendez-vous annuel qui aurait dû permettre aux plus nécessiteux d’entre eux, de joindre relativement les deux bouts. Du coup, aussi bien les hôtes que les habitants de ville en festivité estivale se trouvent en état de dépossession de leur droit de se distraire pendant les vacances ou les congés en famille. Ceci étant, il fait bien dire en revanche, que la plupart de ces événementiels qui, certes portent un gros préjudice à tout ce beau monde, ont épargné les caisses des deniers publics des instances élues et des fonds des institutions étatiques. A titre d’exemple qui conviendrait, sans doute, à bien d’autres, la suppression d’un géant festival comme Timitar, a permis à la trésorerie du conseil de la région Souss Massa de conserver une grosse somme qu’il avait l’habitude de débloquer, chaque année, pour sa contribution à la tenue de cet événement.
Cet argent économisé se devrait alors de combler d’autres nécessités plus impérieuses, en matière d’actions sociales dans la région dont la priorité de l’eau s’avère incontournable. Et puis, en respect de la létalité qui ne cesse d’accroître, ces temps-ci, à cause de cette maudite endémie qui prolifère à des cadences préoccupantes, on ne pourrait pas se permettre de tenir des prestations artistiques en grand public, d’autant plus que la propagation est très intensive, en cas de rassemblement de masses dans les lieux publics.