Depuis les ondes vibrantes de Radio Plus, au cœur battant d’Agadir, s’est déployée une joute oratoire d’une rare trempe, tissée de l’étoffe de l’urgence et de la sagacité. Idriss Moubarik, le maître d’œuvre de la revue électronique «Machahid», n’a pas vacillé, son index pointant sans tremblote le cratère suppurant qui menace de gangrener l’artère vitale du progrès territorial. Son verbe, un authentique pupitre de vérité sans fard, a transcendé la simple analyse pour livrer une auscultation intrépide, esquissant la dichotomie cruelle entre la splendeur des Desseins Royaux, ces voiles gonflées par les vents des programmes neufs, et la fange de l’exécution, aux mains des «vieilles gardes» ankylosées, entravées par les fers de l’hier.
Les «Nomenklaturas Servies» : des ancres rouillées au flanc du Vaisseau du Développement
Moubarik a entamé sa narration par un quadrillage sémantique d’une précision d’orfèvre, reconnaissant que les assises consultatives du Ministère de l’Intérieur étaient l’écho magnanime et nécessaire au Discours Souverain fondateur, appelant à sonder l’intime réverbération du corps social. Pourtant, tel un panache de suie obscurcissant l’azur, l’éloge s’est mué en un glaive dégainé de la critique. Ces cénacles, malgré la pureté de leur dessein, sont désormais menacés de s’abîmer dans le simulacre des «conclaves folkloriques et vains», sous l’emprise toxique d’une caste qu’il a stigmatisée : les «Nomenklaturas Servies», repues et tapies dans l’alcôve de leurs privilèges immémoriaux.
Avec une intrépidité qui confine à la noblesse, Idriss Moubarik a sonné un clairon cristallin, une sommation aux visages qui «s’arc-boutent sur les séants du pouvoir» et déjouent les orientations suprêmes par une sinuosité de «caméléonnisme moral». Il leur a adjuré un retrait apaisé et décent, l’aveu que leurs mains sont souillées par la coulpe des régressions nationales. L’ère de la tutelle imposée à la gorge du citoyen s’est éteinte, a-t-il affirmé, et l’aube du «Nouveau Maroc» n’accueille que les élites en ascension, ceintes de la probité de leur engagement sur la voie accélérée du progrès.
Nul répit ne fut accordé aux partis maculés par la vérole du clientélisme, ni aux «associations inconsistantes», ces phantasmes vêtus d’illusion au service d’agendas électoraux étroits. Le salut, a-t-il martelé, repose sur l’interpellation de l’«armée silencieuse» des citoyens, dépositaires du pouls tellurique véritable de la nation.
Le «Mal de la Tribu» et le flétrissement de la terre opulente d’Ida Outanane
Le torrent abrasif de la critique ne s’est pas confiné aux limites de l’universel, mais s’est infiltré jusqu’à la sève territoriale du Souss-Massa, focalisant sa lumière sur l’écrin d’Ida Outanane, voisin d’Agadir.
Dans une antithèse poignante, Moubarik a dépeint cette province, dont le terroir exulte de richesses et dont la beauté sourit d’un charme ensorcelant – une terre promise qui aurait dû être un joyau incrusté – comme une «carcasse exsangue» au niveau de ses infrastructures et de ses services cardinaux. Cette dégénérescence pathologique est le fruit d’une cause étrangère au développement : «des querelles de clocher, mesquines, viscérales et tribales», qui se servent des élus comme de pantins, minant les fondations du progrès depuis de longues années de disette morale. Ce mal, qu’il a qualifié de «fléau mortifère», est la preuve que la mentalité locale, atrophiée et étriquée, demeure la digue implacable dressée contre l’avènement des chantiers structurants.
Par contraste, Moubarik a élevé un panégyrique fervent à l’endroit du «Chantier Royal», qui a tiré Agadir de sa «léthargie marginalisatrice» pour la propulser sur les rails de l’universalité. Il a cependant lancé un avertissement crépusculaire contre l’oubli des marges assoiffées des villes, exigeant que la «politique de la ville» soit activée de manière péremptoire pour les arracher aux mâchoires de l’isolement et garantir leur intégration complète dans le tissu de la modernité.
L’Épigramme du Scribe : La presse, ce «Métier du Dénuement et de la Ruine»
Idriss Moubarik, héraut de la plume, n’a pu s’abstenir de plaider avec véhémence la cause de la presse régionale. Après avoir élevé le journalisme au rang de «ressort nécessaire du développement», il a fustigé la schizophrénie du traitement infligé aux entreprises médiatiques. Ces dernières, de par leur essence, sont des institutions qui offrent un service public sublime, un phare qui éclaire les esprits, mais qui sont traitées selon la logique glacée des «sociétés de béton inerte», les conduisant à une précarité si aiguë qu’elle frôle l’anéantissement.
En une conclusion retentissante et déchirante, Moubarik a lancé le cri d’amour blessé pour cette vocation qui a élu domicile en son âme. Il a décrété le journalisme actuel comme le «métier du dénuement et de la ruine», adressant une mise en garde sibylline à quiconque, nanti de richesse et de statut, tenterait de jeter son destin dans les gouffres de son exercice.
Cet épisode restera un appel décanté et sans ambages, semblable au battement des tambours de guerre annonçant l’heure du retrait, à la fois serein et digne, des élites désuètes. C’est le rappel de l’impératif catégorique d’un «plaidoyer de qualité» pour que les Hautes Orientations Royales se matérialisent en des réalisations tangibles qui embrassent la terre et la réalité, loin des miasmes d’intérêts mesquins et des miasmes tribaux qui obscurcissent l’aube des générations futures.
A.karim Ghailane /Chroniqueur
