Saoudi El Amalki
En seulement quelques jours, deux sorties dans les rues ont ébranlé le royaume. La première était pour manifester la colère des jeunes contre la déchéance des décideurs de l’Exécutif qu’ils appellent à démissionner, la seconde étant pour exprimer la joie au terme de l’exploit au Chili qu’ils ont chéri hyper fortement. Des instants diamétralement opposés où le cœur battait pour l’authenticité des faits ! Entre temps, le Souverain est intervenu, avec la sagacité qu’on lui sait, lors du conseil ministériel, non pas pour destituer les mis en cause comme nombre s’y sont attendus, par respect des dispositions constitutionnelles et par préservation de la stabilité politique, mais à coup sûr, pour assouvir, dans l’apaisement et la sérénité, les attentes des vagues mécontentes de la jeunesse…
Le Roi a donc réagi, sans précipitation aucune, en son registre de visionnaire et garant des équilibres sociétaux, à exaucer les voix protestataires en se penchant sur les tares de l’enseignement, la santé, la protection sociale et se focalisant aussi sur les grandes orientations budgétaires de l’année à venir. De surcroît, il allait donner des instructions inédites de convier les jeunes à accéder au camp électoral avec l’appui et l’assurance de l’Etat, façon de signifier que si les actuels gouvernants déçoivent, la porte est ouverte pour conquérir leur place, à condition de le faire dans le respect total des obligations suprêmes des lois en vigueur, d’autant que l’échéance votative est imminente…
Comme par enchantement, la grinta juvénile a répondu illico à la réactivité Royale par ce beau triomphe en terre chilienne qui secouait toute la planète en émerveillement et en admiration incommensurables. Ainsi, les échecs de l’Exécutif qui ont jeté le pays dans le chaos, ont essuyé de cuisantes déculottées, l’une à travers les émeutes de la GenZ 212, dans les artères des villes, l’autre par le communiqué Royal à l’issue du conseil des ministres et le récent par cette prouesse sportive de haute teneur de ce dont le génie marocain est capable, surtout des jeunes en abandon par les politiques publiques néolibérales. Ce conglomérat de faits adressé au gouvernement défaillant est le coup de grâce de la politique fondée sur les conflits d’intérêt, les usurpations des droits sociaux, les hausses astronomiques, les injustices sociale et territoriale…
Le Monarque a alors réagi énergiquement pour sonner le glas d’une cohorte déficitaire en vue de réajuster le tir vers les questions sociales au lieu de celles des affaires tel que priorisées jusqu’ici par l’Exécutif, par le biais de nouvelle feuille de route de la loi de finance, basée sur les trois fondements sociétaux à savoir : l’éducation, la santé, la couverture sociale. En fait, la décision Royale survenue à quelques mois du démantèlement de l’actuel Exécutif en discrédit criant par les populations y compris récemment les jeunes, semble « retirer » toutes les attributions et ne lui « confier » que des tâches courantes. La Monarchie aura donc renversé la table face à une horde de faiblards qui a mis la nation dans le collimateur de sa cible de chasse durant la quasi-totalité de son mandat. Par cette nouvelle raclée stridente, l’Exécutif est en conséquence, solennellement désavoué !
