Saoudi El Amalki
Quel rôle médiateur pourrait jouer la Russie au différend du Sahara marocain ? La position de neutralité observée par Moscou au sujet du conflit Nord-africain semble se distiller, à longueur de décennies. Il est bien vrai qu’Alger fut depuis la guerre froide, un allié surtout militaire du descendant soviétique. Cependant, il n’en demeure pas moins évident que Rabat entretient de très bonnes relations avec son homologue moscovite, bien que les sensibilités idéologiques soient diamétralement opposées entre les deux partenaires. Actuellement, les donnes géopolitiques ont pris des tournures autres que par le passé, mais les rapports de respect entre les deux nations séculaires sont demeurés inchangés, malgré les tribulations qui se sont opérées dans la région…
Du coup, la Russie ne s’est jamais hasardée à nourrir une bribe d’inimitié avec le Maroc même au temps des fortes tensions géostratégiques. Toutefois, le pays de l’ours fort lanciné par sa guerre contre l’Ukraine, vient de perdre la Syrie qui lui servait de mirador proche-oriental et, de ce fait, s’attelle à compenser la lacune méditerranéenne en se rabattant sur son vieil allié qui n’est autre que l’Algérie pour fortifier sa présence dans la reconfiguration qui se tisse dans les parages. En fait, les déboires qu’essaie la junte algérienne dans son duel avec son voisin à propos de la question du Sahara renforcent ce rapprochement. D’autant plus que le Maroc arbore le plan d’autonomie plébiscité par la quasi-totalité des pays de l’Occident et conforté par la reconnaissance sans appel par les USA…
Nonobstant, dans le concret, la Russie est consciente de la carte grillée qui lui échoit dans son alliance avec une Algérie assommée par son isolement auprès du giron de la communauté universelle d’une part et surtout mise à contre-pied par les désaffections en cascade qu’elle est en passe de subir par les contrées proches, d’autre part. Tout en gardant le « cordon ombilical » qui l’unit à son ancien cendrillon, la Russie ne saurait en aucun cas, se dissocier d’un partenaire fiable en matière d’échanges et de coopération multidisciplinaire qu’est le Maroc. Elle se mettrait alors dans une situation privilégiée de dégeler la banquise qui brouille la discorde entre les deux pays frontaliers. Pourvu que le régime totalitaire et dictatorial de l’Algérie s’y prête !…
Seulement, les militaristes algériens ont tendance à se réfugier dans la haine avec les voisins pour dissimuler leur incapacité de produire un pays paisible et prospère. Il se trouve que par malheur, on soit sa proximité, ce que feu le Roi Hassan II avait bien vu juste. Un militaire reste toujours un militaire, quoique tous les ingrédients soient enclins à repousser toute idée martiale. Antonin Tchekhov, l’écrivain-dramaturge russe disait un jour à cet égard : « Quelque soit le sujet de conversation, un vieux soldat parlera toujours de guerre ! »…
