Culture

Abdellatif Laâbi expose ses toiles à Marrakech

Du 23 novembre au 21 décembre prochain, les cimaises de la Matisse Art Gallery de Marrakech abritent une exposition des oeuvres de l’artiste peintre et poète Abdellatif Laâbi, prix Goncourt de la poésie en 2009.  Ce dernier y dévoilera ses oeuvres où s’entrelacent, s’enremêlent et dialoguent manifestement la peinture et la poésie dans une symbiose et une harmonie impalpables. Le vernissage de cette exposition aura lieu le 23 novembre en présence de l’artiste.

Poésie ou peinture? Indubitablement, les deux. La peinture et la poésie sont intimement liées par l’extase de l’image. Une richesse visuelle et polyphonique à apprécier, absolument. Grâce à la poésie, l’image se fait une voix. Une voix libre, éloquente et douce. L’image chante l’amour, la paix, la vie et la nature.  Plastique ou poétique, l’image provoque nos émotions, nous fait rêver, écrire et peindre. Résultat: une parole peinte. Surtout quand il s’agit d’une figure de proue de la littérature marocaine d’expression française et un plasticien inspiré : Abdellatif Laâbi.  Pour cela, la Matisse Art Gallery de Marrakech a choisi de présenter les œuvres  de cet artiste et poéte,  Prix Goncourt de la poésie.

Grandiose, ludique et originale, cette exposition aura lieu du 23 novembre au 21 décembre  2018.  Cette exposition mêle la poésie à la peinture et marie bien leurs indicibles harmonies, dévoilant les secrets de l’une à l’autre. Ici, la novation est si forte qu’elle agit comme une tornade débordant les spécificités universelles d’une palette riche, très riche. Le courant d’air est forcémment intense puisqu’il sagit d’une vision solidaire de l’art et de la poésie qui se manifeste et d’un parcours exemplaire qu’accomplit Abdellatif Laâbi. «Le voilà souriant sous sa moustache là où on ne l’attend pas : une bonne centaine d’œuvres surprenantes. Devant ses toiles, on cherche sans le savoir des secrets cachés dans ce noir où pleins et déliés se croisent sans se toucher tel un vol d’étourneaux. On entre comme par inadvertance dans le chaos où des silhouettes se côtoient, se percutent sans se fracasser, et qui finissent par cohabiter. Dans l’harmonie des contraires s’enchaînent le noir et le blanc dans une immense farandole devant des ombres figées et comme sommées de ne pas bouger pour laisser place à un monde meilleur. Et lorsque la calligraphie arabe s’invite dans un déhanchement lascif après avoir troqué ses habits d’encre noire contre du fuchsia aux roses multiples, pour nous entraîner vers une forêt de symboles, on se prend à se laisser mener sans même appréhender ce qui nous attend au bout du voyage», indique à ce propos l’écrivain et artiste peintre Mahi Binebine, grand ami de Abdellatif Laâbi.

Dans ses oeuvres authentiques qu’il présentera lors de cette exposition à la Matisse Art Gallery, les enjeux de la peinture sont tout aussi débattus.  Des oeuvres qui reflètent ses sources d’inspirations qui disent avec clarté toute leur dimension symbolique.  Somme toute, elles incitent à la réflexion . Car , l’artiste procure une liberté totale pour peindre, créer et exploiter ses thèmes de prédilection. Faire une peinture pour étonner, surprendre, changer, militer, et interroger, voilà ce qui lui fait courir pour nous, pour nos yeux.  Surfer sur son site, c’est voyager différemment.  «Le flou devient net, comme par enchantement, dans des formes en devenir, empruntant à Matisse quelques variétés de bleu que la Méditerranée a bien voulu lui confier, à lui et à lui seul. Abdellatif nous entrouvre un monde gouverné par la poésie et la peinture, son monde à lui, tendre, généreux, humain», conclut Mahi Binebine.

En principe, comme toute œuvre de qualité, celles que nous présente Abdellatif Laâbi lors de cette exposition possèdent le sens de l’universel atemporel. Elles sont en somme d’une limpidité chromatique considérable. La création picturale dans ses œuvres est une effervescence de sensations renouvelées et chargées de charme. Une sorte de quête intérieure en vue d’allier les sentiers nouveaux du volume et l’éclat-jaillissement d’une palette si riche. C’est l’impression première que nous aimerions avancer en tentant d’interroger cette logique esthétique qui transpose une âme d’artiste raffinée et emplie de verdure pour une envolée dans les cieux de l’imaginaire.

Cette exposition c’est aussi et surtout un voyage décoiffant dans un monde où entre la peinture et la poésie, il n’y a qu’un seul pas de danse. Tant qu’à faire! Comme quoi entre les deux, il y a seulement des nuances de couleurs et de mots.

 

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