National

Aggravation de la pandémie à Tanger … Un médécin temoigne

La pandémie reprend une amplitude certaine depuis quelques jours. Au front, les médecins sont les premiers à constater cette deuxième vague. Aujourd’hui, une médecin en service à Tanger, témoigne anonymement sur la situation actuelle, et apporte son éclairage aux lecteurs de Menara.

Peut-on parler d’une deuxième vague ?

Je ne sais pas si on peut parler de deuxième vague à proprement parler. Néanmoins il est sur que la situation s’aggrave de jour en jour. Dans les services hospitaliers à Tanger, on constate une augmentation significative des cas. Ce qui est d’autant plus inquiétant, c’est que les cas d’infections qui se présentent chez nous sont de plus en plus graves.

 

Tanger connait un nombre de cas important. Quelle est la situation à Tanger actuellement et pourquoi cette ville semble être plus touchée que d’autres ?

C’est simple, les mesures de prévention sanitaires n’ont pas été respectées et ne sont toujours pas respectées. Entre le non respect de la distanciation sociale, la reprise d’activité sociale à foison ainsi que Aid Al Adha, cette augmentation des infections n’est pas étonnante. La situation à Tanger est désolante. De plus en plus de cas, passent en réanimation. Or pour une grande partie des cas, il est malheureusement déjà trop tard lorsqu’ils atteignent ce stade.

Les médecins ont été privés de congés aux vues de l’évolution de la pandémie. Que pensez vous de cette décision ?

Il est difficile d’être en accord avec cette décision. Cela fait près de cinq mois que nous sommes mobilisés. Nous sommes au front, sans répit, pour sauver un maximum de nos concitoyens. Maintenant, nous restons des hommes et femmes, nécessitant un minimum de repos. Bien entendu, je ne parle pas d’un congé pour tous, mais un système de roulement aurait pu être mis en place afin d’accorder un repos mérité à ceux ayant eu la plus grande charge de travail.

Nous avons prêté serment et nous fuyons pas nos responsabilités, mais le gouvernement ne nous a montré aucun soutien financier et nous a aussi  retiré tout droit de repos. Cela est difficile à accepter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *