Economie

Allemagne : Alstom met en service un train à hydrogène

Le constructeur Alstom qui devrait fusionner avec Siemens en 2019 a lancé le premier train à hydrogène en service commercial ce lundi. Une innovation qui pourrait permettre de faire disparaître le diesel sur les lignes non électrifiées, selon l’Agence France-Presse. Deux rames bleues du modèle Coradia iLint ont commencé leurs rotations entre Cuxhaven, Bremerhaven, Bremervörde et Buxtehude, une ligne de 100 kilomètres où circulent habituellement des trains diesel, à travers la Basse-Saxe.

«Le premier train à hydrogène au monde entre en service commercial et il est prêt pour la production de série  », a souligné le PDG d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, qui était présent lors d’une cérémonie dimanche à Bermervörde, petite ville sur le parcours où les trains seront alimentés en hydrogène. Le dirigeant s’est félicité aussi d’«  une innovation née d’un travail d’équipe franco-allemand, l’illustration d’une fructueuse collaboration transfrontalière  », alors que son groupe doit bientôt être absorbé par l’allemand Siemens.

«  Zéro émission  »

Le train est équipé de piles à combustible qui transforment en électricité de l’hydrogène stocké sur le toit et de l’oxygène ambiant. Des batteries ion-lithium permettront en outre de stocker l’énergie récupérée pendant le freinage, laquelle est réutilisée dans les phases d’accélération. Ces trains «  à zéro émission  » sont peu bruyants et émettent uniquement de la vapeur d’eau et de l’eau condensée. Le train à hydrogène a, selon Alstom, une autonomie de 1 000 kilomètres entre deux pleins, soit à peu près autant qu’un train diesel.

Cette technologie est présentée par le groupe comme une alternative prometteuse et relativement bon marché au diesel, notamment pour les lignes non électrifiées et a fortiori dans les grandes villes où les autorités veulent privilégier les carburants les moins polluants. «  Certes, un train à hydrogène est un peu plus cher à l’achat qu’un train diesel, mais l’exploitation est moins coûteuse  », a souligné à l’Agence France-Presse Stefan Schrank, le chef de projet chez Alstom.

Le groupe a déjà signé des lettres d’intentions avec quatre Länder (des États) allemands. Il en a vendu 14 à la Basse-Saxe, qui doivent venir remplacer complètement le parc diesel de la ligne pilote de Cuxhaven à Buxtehude. D’autres pays ont montré leur intérêt, a relevé Alstom, comme le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, l’Italie et le Canada.

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