Le ministre italien des Transports propose de dérouter un tiers des bateaux se dirigeant vers la cité lacustre dès l’an prochain, relaie « The Guardian ».
C’est sans doute la fin d’une époque. Celle où les paquebots géants des croisiéristes pouvaient accoster dans la lagune de Venise, déversant leurs flots de touristes vers la place Saint-Marc et les étroites ruelles de la cité des Doges. Danilo Toninelli, le ministre des Transports italien, a en effet annoncé son intention de les détourner du centre historique dès le mois de septembre, explique The Guardian.
30 millions de visiteurs se rendent chaque année à Venise, pour une partie amenés par les quelque 600 bateaux de croisière qui jettent l’ancre dans la lagune. Un flux touristique permanent qui représente à la fois une manne financière et une véritable menace pour la survie de la ville. Alarmé, le maire Luigi Brugnaro avait demandé l’aide de l’Unesco au mois de juin dernier. « Mettez que la cité de Venise est en danger pour la bonne raison que nous nous sentons en danger ! » expliquait-il à la radio italienne. L’élu se plaignait notamment du manque de soutien de la part du gouvernement de Giuseppe Conte. Un appel qui a donc été entendu. Lors d’une commission parlementaire, Danilo Toninelli a annoncé que les bateaux pourraient progressivement être déroutés vers les docks de Fusina ou de Lombardia, situés à proximité. Le processus devrait commencer progressivement en septembre et concerner un tiers des bateaux dès 2020.
Le gouvernement italien forcé de réagir
Plusieurs éléments expliquent la réaction du gouvernement italien. En premier lieu, on trouve l’accident du MSC Opera, le 2 juin dernier. Le paquebot de 13 étages avait échappé au contrôle de son capitaine et foncé dans la lagune. Par miracle, il n’avait fait que cinq blessés, mais l’incident avait relancé le débat. Quelques semaines plus tard, début juillet, le Costa Delicioza, un autre navire de 12 étages, avait évité de peu une collision avec un yacht.
Pour l’instant, la mesure portée par le ministre des Transports n’a pas encore été entérinée. Surtout, il s’est déjà retrouvé en porte-à-faux avec les autorités locales par le passé. Celles-ci jettent pour l’heure un regard très circonspect sur ces propositions. Nicola Pellicani, un député locale du Parti démocrate, interrogé par le Guardian, juge même que ces annonces sont impossibles à tenir. « Le ministre pense qu’il peut déplacer des bateaux de croisière d’un bout à l’autre de la lagune comme si c’était des petites voitures », a-t-il déclaré.