La migration est une valeur ajoutée pour construire ensemble et mieux se connaitre humainement, a affirmé, mardi à Abou Dhabi, le Secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Abdellah Boussouf.
« La migration représente un élément essentiel pour la connaissance de l’Autre, le dialogue et la rencontre afin de construire ensemble, ce qui en fait une valeur ajoutée pour l’Humanité, grâce à laquelle nous connaissons l’Autre et nous nous faisons connaître auprès de lui », a indiqué M. Boussouf dans une allocution à l’ouverture d’une rencontre sous le thème »bâtir la confiance et la coopération entre les religions ».
Initiée par le Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes, la rencontre s’inscrit dans le cadre de la visite de la première caravane pour la paix multi-religieuse intitulée « la caravane américaine pour la paix: promouvoir le message de la paix à travers la confiance et la coopération inter-religieuses suite à la déclaration historique de Marrakech ».
Il a souligné que « le monde ne peut évoluer que si nous restons unis, Musulmans, Juifs et Chrétiens, car les dangers qui nous guettent sont difficiles à surmonter, allant des changements climatiques aux dangers encore plus dévastateurs pour l’humanité, comme les guerres, le terrorisme et la menace de l’humanité des humains », invitant les religions monothéistes à s’organiser en front contre tous ces dangers.
M. Boussouf a, dans ce cadre, rappelé le discours royal du 20 août 2016 qui a connu une résonance auprès du public scientifique, intellectuel, politique, culturel et artistique, lorsque Sa Majesté le Roi Mohammed VI a clairement soutenu que « les terroristes qui agissent au nom de l’Islam ne sont pas des musulmans et n’ont de lien avec l’Islam que les alibis dont ils se prévalent pour justifier leurs crimes et leurs insanités », affirmant également que « l’ignorance les incite à croire que leurs agissements relèvent du Jihad. Mais depuis quand le Jihad revient-il à tuer des innocents ? ».
A cet effet, M. Boussouf a rappelé que le Roi, en sa qualité de Amir Al Mouminine, a invité Juifs, Musulmans et Chrétiens à préserver, ensemble, la civilisation humaine, la construire et garantir sa pérennité. De son côté, le président du Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes, Cheikh Abdallah Ben Biya, a félicité, dans une allocution similaire, la caravane composée de responsables religieux des Etats-Unis, issus de la famille Ibrahimie, qui « incarne l’espoir en encourageant les échanges, la connaissance de l’Autre et les liens de fraternité et promeut ces valeurs dans leurs sociétés ».
Cheikh Ben Biya a également rappelé dans son intervention les grandes lignes de la déclaration de Marrakech (Janvier 2016), considérée comme un appel au vivre-ensemble et au dialogue entre les cultures et religions, ajoutant qu’elle instaure une nouvelle étape basée sur l’assimilation profonde du patrimoine du passé pour bâtir le vivre-ensemble dans le présent et le futur, préparant le terrain « aux responsables du culte pour la recherche dans les textes religieux, dans leur histoire et leur patrimoine afin d’assurer une base et une source à la tolérance et au vivre-ensemble ».
En ce sens, Cheikh Abdallah Ben Biya a invité les participants à cette caravane à visiter le Maroc, après leur séjour aux Emirats arabes Unies, « pour se retrouver après à Washington afin de montrer notre solidarité et élargir le cercle de cette caravane pour en faire une nouvelle alliance pour la paix et la tolérance entre les religions ».
Cette rencontre s’inscrit dans le sillage de la « Déclaration de Marrakech sur les Droits des Minorités Religieuses dans le Monde Islamique » émanant du Congrès sur « les droits des minorités religieuses en terre d’Islam: le cadre juridique et l’appel à l’action » organisé à Marrakech par le Ministère des Habous et des Affaires islamiques, en partenariat avec le Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes, en janvier 2016.
Etalée sur trois jours, cette caravane sera marquée par des ateliers et des débats portant notamment sur les défis les plus importants face au vivre-ensemble, les moyens de le renforcer, les concepts de paix dans le discours religieux dans les mosquées et les églises ainsi que la religion et son rôle dans l’espace public.
