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Brexit : le camp d’un maintien dans l’UE « aurait l’avantage »

Les Britanniques semblaient se diriger vers un maintien dans l’Union européenne, a reconnu jeudi soir un ténor de la campagne pour le Brexit pendant le dépouillement des bulletins à l’issue d’un référendum crucial pour l’avenir du Royaume-Uni et de l’Union européenne.

« Il semble qu’un maintien dans l’UE ait l’avantage » lors de ce référendum à très hauts risques, a déclaré Nigel Farage, leader du parti europhobe Ukip, à la chaîne d’informations en continu Sky News, peu après le début du dépouillement.

Après une campagne « extraordinaire », le taux de participation a été « exceptionnellement élevé », a ajouté M. Farage.

« C’est trop tôt pour savoir, mais mon instinct me dit que le ‘Remain’ (rester) a gagné », a renchéri la Secrétaire d’Etat pour l’Irlande du nord, Theresa Villiers, également pro-Brexit.

Un ultime sondage YouGov publié à la clôture des bureaux de vote a donné le maintien dans l’UE en tête à 52% contre 48%. Mais une source de la campagne officielle Vote Leave a assuré à l’AFP que le résultat était encore « trop serré pour se prononcer ».

« Le résultat est serré et il est trop tôt de donner un verdict. Mais ce sondage suggère qu’une victoire du ‘Remain’ (rester) est l’issue la plus probable », a commenté Joe Twyman de l’institut YouGoV.

Le résultat officiel de ce référendum aux enjeux colossaux pour l’avenir du Royaume-Uni et du reste de l’Europe devrait être annoncé vendredi au petit matin (heures locales).

Un autre sondage publié jeudi en plein vote par l’institut Ipsos-Mori avait déjà partiellement rassuré les marchés financiers en donnant vainqueur le camp du « Remain » à 52%.

Après la diffusion de ces sondages, la livre sterling est passée au dessus de 1,50 dollar américain, un plus haut depuis décembre.

Signe de la confiance des investisseurs contre un Brexit, Wall Street a fini en nette hausse jeudi, tout comme plus tôt la Bourse de Londres et les autres places boursières européennes.

Les bookmakers misent tous sur un « Remain », dont les chances ont été réévaluées au-delà des 90% par toutes les sociétés de paris jeudi soir.

A l’issue d’une campagne passionnée, axée sur l’immigration et l’économie, les électeurs se sont pressés jeudi pour déposer leur bulletin de vote, malgré les intempéries, notamment à Londres.

Dans les bureaux de vote, les électeurs étaient partagés. « Ce serait un désastre pour l’économie si nous partions », s’alarmait Peter Davies, employé dans le secteur informatique de 55 ans, à Havering dans l’est de Londres.

John Thompson, 57 ans, penchait, lui, vers une sortie de l’UE: « Je suis pour la liberté et l’autonomie et je ne pense pas que l’Europe puisse nous l’offrir », a-t-il dit à l’AFP.

Dans l’europhile Ecosse certains soulignaient qu’un Brexit pourrait justifier l’organisation d’un nouveau référendum d’indépendance, après celui de septembre 2014.

Le Premier ministre britannique David Cameron, qui a mis en jeu sa crédibilité en menant campagne pour le maintien dans l’UE, a voté à Londres sans faire de déclaration. Il a appelé un peu plus tard ses compatriotes à opter pour le maintien, gage selon lui d’un « avenir meilleur ».

Le référendum a exposé les profondes divisions au sein des Tories et du gouvernement conservateur, dont plusieurs membres ont fait campagne pour une sortie du bloc des 28.

Malgré ces divisions, 84 députés conservateurs eurosceptiques ont publié quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote une lettre affirmant que David Cameron devait rester Premier ministre quel que soit le résultat du référendum.

« Nous, supporters d’une sortie et membres du parti conservateur, vous remercions pour donner au peuple britannique le choix de leur destinée le 23 juin 2016. Nous estimons que, quelle que soit la décision du peuple britannique, vous avez à la fois le mandat et le devoir de continuer à diriger la nation », ont écrit les signataires, dont Boris Johnson, chef de file du camp du Brexit et ex-maire de Londres.

L’enjeu est de taille et tous les dirigeants européens sont intervenus pour retenir les Britanniques, conscients que leur départ ferait peser une menace de désintégration du club des pays membres de l’UE.

Le président français François Hollande a estimé qu’il faudra « engager une relance de la construction européenne », quelle que soit l’issue du référendum. Il a souhaité apprendre vendredi matin « qu’ils sont restés dans l’Union européenne, parce que c’est leur place ». La chancelière allemande Angela Merkel avait formulé le même souhait la veille.

Outre les conséquences économiques immédiates pour le pays et au delà, un Brexit serait dommageable à plus long terme, ont prévenu les grandes institutions financières internationales, du FMI à l’OCDE.

Il ouvrirait aussi une période de turbulences politiques, avec un probable départ de David Cameron qui n’a eu de cesse de plaider pour le maintien dans l’UE.

Cherchant à freiner les divisions au sein de son Parti conservateur sur l’UE, M. Cameron avait annoncé en janvier 2013 la tenue de ce référendum. Mais il a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné les passions, attisées par les redoutables tabloïds britanniques, toujours prompts à vilipender l’UE.

Dans cette atmosphère toxique, le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox la semaine dernière, par un homme invoquant la « liberté pour le Royaume-Uni », a sidéré le pays, sans que l’impact de ce drame sur le vote ne puisse encore être mesuré.

AFP

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