Culture

Clôture du théâtre universitaire d’Agadir:  Une fiesta en apothéose 

 Par Saoudi El Amalki
C’était un moment jovial que celui qui met fin à cette 26ème manche du festival universitaire de théâtre à Agadir. Et quand Zohra Makach, la toute gracieuse faiseuse de bonheurs, bien entourée de son staff de jeunes, montait sur scène pour dire haut et fort : « Pas de jury ni compétition cette année. On décernera pour tout le monde des trophées de remerciements », ce  fut un instant d’exultation dans la salle pleine à craquer.
Toutes les troupes d’ici et d’ailleurs se gardent alors des souvenirs de cette rencontre de haute qualité d’échange et de plaisir des sens et des émotions. Pas de cérémonie protocolaire non plus, où la redondance des mots résonne mal dans les oreilles de l’assistance enjouée, tout au long de la durée du festival, par la splendeur de l’acte dramatique des artistes et la saveur des effets messagers des prestances. Encore une fois, pendant plus d’un quart de siècle, la faculté des lettres, initiatrice de cet événement artistique, joliment rehaussé par l’humilité et l’éloquence de son doyen comblé mais ardemment épaulé par son président de l’université tout auréolé, le festival aura tenu toutes ses promesses, en termes de vitalité des participants estudiantins, de fluorescence des représentations théâtrales, de pertinence des débats et des réflexions autour du colloque, d’engouement du public en abondance et de convivialité lors des exhibitions chorégraphiques dans les espaces vagues, sur l’esplanade de l’hôtel de ville ou à l’enceinte de l’entrée de la salle de spectacles.
Et puis, dans cette ambiance d’euphorie et de liesse, on rendait un vibrant hommage à l’un des fondateurs du festival à l’adresse duquel le fin doyen de la faculté émit un témoignage des plus émouvants. Azeddine Bounite, était en fait, célébré à juste titre, pour l’empreinte indélébile qu’il scellait sur cette tradition, en grande pompe durant presque trois décennies. Ensuite, toute la vague humaine en allégresse où se dégageaient les étincelles de passion du théâtre, on eut droit à un spectacle de rêve, signé Amine Nassour, de la troupe Fouanisse de Ouarzazate. De bout en bout, l’auditoire fut retenu en haleine par ce joyau sublime de profondeur et de raffinement soyeux de la symbolique narrative, de Touda, finement interprétée par l’ingénieuse Hajar Grigâa et la suavité de la mélodie veloutée d’Imane Taïfour.
La pièce Taguenza, d’honneur Grand Prix de l’Instance Arabe du théâtre de Bagdad, était tout simplement un chef-d’œuvre magistral dans le plus saisissant des termes, avec des trouvailles artistiques de haute virtuosité. Le rideau noir se baissait et le tapis rouge se roulait sous la sorcellerie de cette novation dramatique enchanteresse dont fut gratifié tout un public enthousiasmé et par les accolades et les congratulations des festivaliers au sein desquels  trônait une femme princière qui s’appelle Zohra Makach d’avoir accompli la besogne de la manière la plus éclatante. Bravo Madame !

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