De nombreux voyagistes britanniques demandent au gouvernement de les autoriser à ne pas rembourser immédiatement leurs clients pour les déplacements et séjours annulés à cause de la pandémie de coronavirus, faute de quoi ils risqueraient de faire faillite.
Dans un communiqué, l’association britannique de professionnels du voyage pour les voyagistes et les agents de voyages (ABTA) a ainsi appelé le gouvernement à permettre aux agences de voyage d’offrir à leurs clients « un avoir » qui pourrait leur permettre de réserver un autre voyage, voire d’être remboursés ultérieurement.
Si les voyagistes sont contraints de rembourser les séjours touristiques déjà réservées, ils seront précipités vers la cessation de paiements ce qui obligera le gouvernement à garantir les demandes de remboursements en vertu de la directive européenne Atol (Air Travel Organiser’s Licence), a averti la même source, notant que ceci coûtera au contribuable britannique une facture de plus de 4 milliards de livres sterling.
« Les règles pour un remboursement sous 14 jours n’ont jamais été conçues dans l’hypothèse d’annulations en masse, ce que nous observons à présent » en raison des mesures de prévention contre la pandémie, ajoute l’Association britannique.
Les mesures de distanciation sociale et de confinement imposées par les gouvernements dans de nombreux pays ont provoqué le report ou l’annulation de plusieurs millions de voyages de tourisme ou d’affaire.
Selon la loi européenne, les entreprises du secteur doivent rembourser les clients sous 14 jours si un voyage est annulé, mais beaucoup ne pourront pas survivre si elles sont forcées de débourser autant de liquidités, d’après le communiqué d’ABTA, notamment car elles-même subissent des retards de remboursement de la part des compagnies aériennes et hôtels.
L’ABTA demande par ailleurs de suivre les exemples de plusieurs pays européens à l’image de l’Italie, la Belgique, l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark qui ont temporairement modifié leurs réglementations pour permettre aux voyagistes de donner des avoirs à leurs clients plutôt que des remboursements.