C’est une véritable bombe que Lamine Boukhobza, membre fondateur du PJD et candidat indépendant aux élections du 7 octobre, vient de lâcher à Tétouan. Selon cet ancien membre de la Chabiba islamia, le PJD recevrait des fonds de certaines monarchies du Moyen-Orient pour financer sa campagne électorale, rapporte le quotidien Assabah dans son édition des 1er et 2 octobre. Bien plus, ajoute ce membre fondateur du parti, Abdelilah Benkirane traiterait lui-même avec des individus qui s’adonnent au blanchiment d’argent et chez qui il lui arrive souvent de descendre quand il est en déplacement à Tétouan.
Lamine Boukhobza, ancien député PJD, actuellement en rupture de bail avec le parti après ses sorties contre le maire islamiste de Tétouan, soutient également que le parti finance sa campagne électorale, à l’échelle de la ville, avec des fonds douteux. Le journal affirme qu’il fait référence, sans le dire ouvertement, à l’argent de la drogue. C’est d’ailleurs, ajoute le quotidien, l’avis d’une partie de l’opinion publique locale qui assure que les bailleurs de fonds du parti et de ses campagnes électorales traînent derrière eux, pour la plupart, un passé de trafiquants de drogue. Et c’est d’ailleurs ce à quoi l’ancien dirigeant du parti fait référence.
En outre, Lamine Boukhobza, natif de Tétouan, a tenu son premier meeting électoral, jeudi, dans le quartier où il a vu le jour et où il a grandi. Il a ainsi pu réunir un grand nombre de sympathisants dont la plupart est formée d’anciens militants et supporters du PJD. Ses colistiers sont également d’anciens militants du parti islamiste. Outre le soutien des anciens du PJD, il s’est également assuré celui de certaines figures locales dont le poids électoral est jugé plus qu’appréciable. Selon des sources locales, c’est un concurrent sérieux pour PJD. Il est d’ailleurs presque assuré de gagner son siège puisqu’il compte déjà sur le vote des 1.200 électeurs qui ont apposé leurs signatures sur son dossier de candidature.
En tant que candidat indépendant, Lamine Boukhobza est tenu par la loi de présenter un programme électoral avec son dossier de candidature. Programme qu’il est ensuite censé proposer à ses électeurs. Mais, lors de ce meeting, il s’est surtout contenté de fustiger ses anciens compagnons du PJD et, en particulier, Albdelilah Benkirane, qu’il accuse d’exercer son hégémonie sur le parti et d’imposer qui il veut là où il veut. Boukhobza s’en est également pris au maire de la ville et sa gestion locale et a sévèrement attaqué le bilan gouvernemental du PJD.
A noter que Lamine Boukhobza n’en est pas à son premier fait d’armes. Il a déjà mené une cabale contre le PJD au lendemain des dernières élections locales et régionales du 4 septembre 2015. Se servant des réseaux sociaux sur lesquels il diffusait vidéo après vidéo, il a mis à nu, dans un franc-parler très rare, tous les torts qu’il reproche au parti et à ses dirigeants, plus particulièrement dans cette ville du Nord. Dans l’une de ses vidéos, il n’a pas hésité à accuser son ancien parti d’avoir incorporé «des entremetteuses, des fraudeurs et des tricheurs» dans ses listes électorales, lors ces élections locales et régionales. Cette sortie lui a valu, naturellement, une mise à la porte tonitruante par son ancien parti.
