A la une | International

En Algérie, l’austérité et la lutte de pouvoir accentuent l’opacité

La politique d’austérité et la lutte acharnée pour le pouvoir accentuent l’opacité du paysage politique en Algérie, écrit le site allemand « Deutsche Welle ».

Dans une analyse mettant la lumière sur la situation politique et socio-économique en Algérie, au lendemain de protestations survenues dans nombreuses régions du pays, le site relève que ‘’l’Algérie doit faire face à une difficile année d’austérité marquée par la hausse des impôts et la dégringolade des revenus pétroliers –qui représentent plus de 90pc des exportations du pays-, en plus de la lutte acharnée à la tête de l’Etat en vue de succéder à Abdelaziz Bouteflika, un président à la santé chancelante’’.

Cette situation ne fait qu’accentuer l’opacité du paysage politique algérien, souligne la Deutsche Welle.

L’auteur de l’article fait remarquer que l’explosion sociale, notamment dans les villes de Béjaia et Bouira, intervient au moment où de nombreux rapports internationaux mettent en garde contre les répercussions de l’éclatement de la situation en Algérie sur l’Europe et la méditerranée, insistant que les ‘’causes de cette tension restent encore présentes’’ dans les régions de protestation. ‘’Au fur et à mesure que l’intensité de ce climat social tendu s’accentue, croit aussi la crainte de voir cette situation se transformer en une boule de neige, conduisant le pays à des scénarii catastrophiques aux répercussions incalculables aux niveaux régional et continental’’, ajoute-il.

Sur les raisons de cette explosion sociale, DW cite l’approbation par le parlement algérien, il y a quelques semaines, de la Loi de finances 2017 qui prévoit, entre autres, une nouvelle hausse des impôts et une réduction des subventions publiques accordées aux secteurs de la santé et du logement, ainsi que sur les produits de consommation, dans l’objectif d’alléger le déficit budgétaire.

Le journal cite, à cet effet, les propos de l’expert économique Fares Mesdour, qui a déclaré à la chaine algérienne Annahar qu’’’au moment où les responsables algériens avancent que les hausses des prix sont minimes, le citoyen se heurte dans la réalité à des augmentations allant jusqu’à 30pc’’. L’expert appelle dans ce sens à l’élargissement de l’assiette fiscale pour faire participer le secteur informel qui représente une grande part de l’économie algérienne.

Globalement, fait observer Deutsche Welle , ‘’le gouvernement du Premier ministre Abdelmalek Sellal trouve des difficultés dans l’élaboration d’un nouveau modèle économique productif et diversifié s’inscrivant dans une vision à long terme’’.

Il rappelle aussi l’Opinion publiée au journal La Libre Belgique par Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga-Collège d’Europe et directeur général honoraire à la Commission européenne qui a mis en garde contre le ‘’sérieux danger’’ que représente l’Algérie, relevant que ‘’l’Europe doit tirer des leçons de la tragédie d’Alep, et elle doit le faire vite parce qu’une nouvelle crise menace dans son voisinage immédiat’’.

Intitulé ‘’Après Alep, l’Algérie ?’’, l’article de Pierre Defraigne a suscité des réactions virulentes de la part des responsables algériens, alors qu’au même moment les rapports occidentaux allant dans le même sens de l’article se succèdent, dont une mise en garde adressée par le secrétariat d’Etat américain à ses ressortissants les dissuadant de voyager dans certaines régions d’Algérie, conclut DW

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *