Le ministère de la Justice a ordonné mardi une enquête après la diffusion d’une vidéo controversée de Naser Zefzafi dans sa prison.
Lundi, après la comparution de Nasser Zefzafi devant un juge d’instruction, une vidéo le montrant a été diffusée par un site d’information locale.
Dans cette vidéo de deux minutes, non datée, non sourcée et visiblement filmée depuis une cellule, on voit Zefzafi, calme et silencieux, soulever ses habits pour montrer son torse, son dos et ses jambes, comme pour prouver qu’il n’a pas été violenté. Des voix masculines sont audibles en bruit de fond. La vidéo a été retirée depuis.
Le procureur général du roi à Casablanca a « immédiatement ordonné l’ouverture d’une enquête pour élucider les circonstances de son enregistrement et la finalité de sa publication », selon un communiqué diffusé lundi soir.
L’administration pénitentiaire a démenti que cette vidéo a été enregistrée dans la prison de Casablanca où est incarcéré depuis fin mai le chef de la contestation qui agite le nord du pays depuis .
Le prisonnier, qui est notamment accusé d' »atteinte à la sécurité intérieure », « n’a jamais porté la tenue avec laquelle il apparaît dans la vidéo », a ajouté la direction générale des prisons (DGAPR).
Sur Facebook, le ministre des Droits de l’Homme a dit avoir « ressenti une énorme douleur en prenant connaissance » de cette vidéo, dénonçant un acte « d’humiliation condamnable portant atteinte à la dignité d’un citoyen sans défense ».
Se disant « très en colère », Mustapha Ramid a expliqué avoir « pris l’initiative de contacter son collègue » de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, et s’être « mis d’accord avec lui sur la nécessité d’initier des investigations ».
La vidéo, jugée comme dégradante pour Zefzafi, a suscité de nombreuses réactions d’indignation.
L’administration pénitentiaire a annoncé mardi un « mouvement de mutation et nomination » à la tête de plusieurs de ses prisons, dont celle de Casablanca où est enfermée Zefzafi.
Cette décision, « prise depuis longtemps », « n’a rien à voir » avec la polémique en cours, selon une source au sein de cette administration citée par la presse locale.
