En France, la justice n’a retenu hier vendredi 27 septembre aucune des offres de reprise de la compagnie aérienne Aigle Azur, placée en liquidation judiciaire. Son activité s’est terminée à minuit.
Les deux offres de reprise d’Aigle Azur ont finalement été retoquées par le tribunal de commerce d’Évry. L’une émanait de deux anciens responsables d’Air France, l’autre de Lu Azur, actionnaire minoritaire d’Aigle Azur à hauteur de 19 %.
« Aucune solution pérenne n’a été proposée par les candidats repreneurs », a expliqué la présidente du tribunal dans un communiqué, déplorant « les désistements ou les absences d’offres concrètes, l’absence de moyens financiers des candidats crédibles », « l’indétermination de la provenance des fonds » ou encore « l’irrecevabilité de certaines propositions ». « Cette décision est difficile, car tout avait été mis en oeuvre pour sauver les salariés », regrette encore la présidente.
Quelques heures auparavant, les représentants de plusieurs syndicats avaient appelé l’État à « accorder un prêt relais de 35 millions d’euros pour sauver Aigle Azur ». L’opération était d’autant plus réalisable à leurs yeux que l’État allemand venait d’en accorder un d’un montant de 380 millions d’euros à la compagnie Condor, filiale du voyagiste en faillite Thomas Cook, lui permettant de continuer à voler.
Aigle Azur emploie quelque 1 150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie. La compagnie aérienne, dont les 11 avions ne volent plus depuis le 7 septembre, avait été placée en liquidation judiciaire le 16 septembre avec poursuite d’activité jusqu’à ce vendredi. Faute de repreneur, elle a pris fin à minuit. Le syndicat des pilotes parle d’un « désastre social ». La CFDT, elle, regrette qu’un accord de performance collective n’ait pas pu voir le jour, mettant en cause le gouvernement et les entreprises.
La nouvelle devrait moins attrister Air France, qui s’était pourtant dans un premier temps intéressée au dossier. Le directeur général d’Air France-KLM estimait qu’une consolidation, une réorganisation du secteur « serait une bonne chose ».