Saoudi El Amalki
Le Festival International Cinéma/Migration d’Agadir s’apprête à dérouler son tapis rouge, dans un peu plus d’une semaine. Comme de coutume, la capitale du Souss drainera les cinéphiles, les critique du 7ème art de tous bords mais aussi les amateurs et profanes des plaisirs du grand écran. La 21 ème édition de ce rendez-vous annuel s’annonce déjà fluorescent au vu du programme riche diversifié que comporte son menu…
Comme attendu, le festival international de Cinéma et Migrations d’Agadir vient de se positionner dans le top ten du 7è art de l’Afrique. Une belle consécration pour un projet artistique dédié à la cause migratoire dans ses aspects humaniste et civilisationnel. Depuis sa création, il y a 21 ans, cet événement thématique de belle facture tant à l’échelon de l’invention que de l’authenticité, a pu se frayer une place au soleil au sein du continent de la négritude, comme se plaisait de baptiser Léopold Sédar Senghor, premier africain à siéger à l’académie française…
En fait, trois festivals marocains sur dix, dont celui de la capitale du Souss, furent distingués. Une prouesse africaine dans l’univers du cinéma, à un moment où le continent africain pétri de son originalité, se fait un charisme saisissant. L’écrivain sénégalais, précédemment cité, disait un jour : « La négritude est une culture, un fait. C’est l’ensemble des valeurs de tous les peuples l’Afrique !». La présente manche prend pour hôte cette année, l’entité de l’Angols. Si le festival de Marrakech qui prône le brassage pluriel de la recherche du cinéma universel, se tient le sixième rang en Afrique, il doit ce privilège à l’intérêt tout particulier dont il jouit de l’officiel. Quant au festival de Khouribga, plutôt thématique, consacré uniquement au cinéma africain, dès son existence en 1977, il occupe non sans panache, la 8ème place dans ce palmarès…
Le festival d’Agadir ferme la marche de ces dix meilleurs rendez-vous annuels qui agrémentent le champ de cinéma dont la particularité porte sa pierre dans cette performance. En effet, en 2003, date du coup d’envoi de cette nouvelle trouvaille de cinéma, il opte pour le thème de la migration dont un parterre prolifique ne cesse de mettre la main à la pâte afin de mener le débat autour de ce phénomène de plus en plus en vogue. Le parcours du festival de la capitale du Souss, laborieux et sensationnel, s’est âprement persisté aux pénuries logistiques et aux carences matériels. L’absence cruelle de salle de projection, l’indigence et la vulnérabilité des moyens budgétaires, entre autres, se croisent pour mener la vie dure à cette activité. Les initiateurs de cette manifestation de taille ne se contentent pas de se pencher exclusivement sur l’élaboration des menus et des contenus programmatiques, mais aussi sur l’aménagement de la salle en état piteux, qui s’ouvre une fois par an en exception. On dépoussière, on peint, on pavoise pour que l’espace soit, encore une fois, flambant neuf. C’est là le mérite de l’association «Initiative culturelle» qui s’y met d’arrache pied, à chaque édition pour pérenniser une tradition dans une métropole économique sans…bâtisse de cinéma. Hommage donc à ce festival qui, en dépit des contraintes, se hisse dans la cour des grandes messes artistiques de l’Afrique ! Un signe fort aux décideurs et aux bailleurs de fonds de parrainer cette action qui fait honneur au pays et force la reconnaissance de l’instance africaine…
Un précieux acquis à institutionnaliser de plus belle, en le dotant de salle adéquate et l’entourant de tous les égards car il s’érige désormais en une fierté collective. Cette encore, on a choisi comme présidente du jury court métrage, Picasso Pascoal, réalisatrice et scénariste angolaise, alors que pour le président du jury long métrage, Abdelkader Chaoui, écrivain et journaliste marocain. Pour ce qui est des hommages, le choix est porté sur Fouad Challa, producteur et réalisateur marocain ainsi que Nadir Ben Yadir, réalisateur belgo-marocain et Ramad Yade, directrice Afrique et follow Europe de l’Atlantic Council à Washington (Etats-Unis). Cette édition est organisée en partenariat et en collaboration avec la Wilaya de Souss Massa, le Conseil de la région Souss Massa, le Conseil préfectoral d’Agadir, la Commune urbaine de la ville, le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, le Centre cinématographique marocain, ainsi que d’autres partenaires institutionnels publics et privés. La programmation de cette année comporte la projection, en compétitions officielles, de huit longs métrages et autant de courts métrages, ayant pour thème le phénomène des migrations. Toutes ces œuvres ont été produites au cours de l’année 2024 ou 2025 représentants une vingtaine de pays en plus du Maroc et dont la plupart sont projetés à Agadir en avant-première mondiale.
Cette année, le festival instaure un prix portant le nom de Paulin Soumanou Vieyra, cinéaste et critique béninois qui a vécu entre 1925 et 1987. La distinction sera décerné par un jury de critiques de cinéma présidé par Mohammed Chouika, assisté de Ahmed Sijilmassi et Abdelkrim Wakrim. Dans la catégorie des courts métrages, le jury est présidé par la réalisatrice angolaise, Pocas Pascoal, et avec comme membres: la Journaliste et militante de la culture Amazighe, Amina Bencheikh, et le journaliste et acteur, Lahoucine Echaabi. Fidèle à sa tradition de célébrer les personnalités du monde du cinéma et de la culture, un hommage sera rendu à la Franco-sénégalaise, Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et des droits de l’Homme de la République française, au réalisateur et acteur belgo-marocain, Nabil Benyadir et au producteur et réalisateur marocain, Fouad Challa.
