Culture

Festival international Cinéma et Migrations: Cheikh Omar Sissoko président du jury du long métrage

La 16ème édition du festival international du Cinéma et Migrations d’Agadir opte pour une figure de proue du septième art du continent africain. Son empreinte avérée de haute qualité à la fois artistique et diplomatique, fait le tour d’Afrique et sa renommée incontestable force le respect et l’estime. Son expertise en matière de cinéma africain et mondial fait de lui un fin connaisseur et une sommité  du domaine, de par ses qualités indéniables. Cette seizième manche du festival pour ses fidèles convives aura donc l’insigne plaisir d’avoir en son sein une si raffinée icône de cette trempe. À quelques jours de la tenue de cette édition tant attendue, l’invité de marque a bien voulu livrer ses impressions et ses points de vue sur le festival, sur le phénomène des migrations, sur la coopération maroco-africaine relative au secteur du cinéma ou autres départements…
À vrai dire, le festival international Agadir Cinéma et Migrations est, sans conteste, le seul rendez-vous traditionnel qui traite, à travers les images et les messages, ce sujet de haute acuité. En fait, le cinéma reflète la communication sociale, incarne la réalité. Il met en évidence la conscience collective qui permet aux peuples, en général, de comprendre les divers problèmes et de se prendre en main. Le cinéma est susceptible d’ouvrir les yeux sur les problématiques que vivent, en effet, les migrants et amener le monde à y réfléchir fort sérieusement. De ce fait, l’art du cinéma peut toujours mettre en avant la coopération culturelle entre le royaume du Maroc et nombre de pays africains. Cet art pourrait, à coup sûr, renforcer davantage les rapprochements et inciter les peuples réciproques à se connaître. C’est pourquoi, le Maroc a ouvert le Centre cinématique marocain (CCM) aux cinéastes marocains et africains. De même, on citera le festival du cinéma africain à Khouribga, ainsi que celui de Marrakech et, entre autres, celui d’Agadir dont la thématique se focalise sur le phénomène des migrations.
« Vous savez, la coopération maroco-malienne ne date pas d’aujourd’hui. Elle prend ces racines dans l’histoire des deux pays frères. Pour mémoire, le Maroc n’est nullement pas un pays inconnu du Mali, parce que feu Modibou Keïta, l’ex président de notre pays était un fervent ami de feu Mohamed V. Ceci étant, on rappellera que le président Modibou Keïta avait foncièrement contribué à régler le conflit des sables entre le Maroc et l’Algérie, en 1963 à Bamako. Le Maroc, le Mali, l’Égypte, le Ghana et la Guinée ont formé le groupe politique de Casablanca. Dans le même ordre d’idées, il est à dire  également que Souhail Benbarka, le grand cinéaste, est maroco-malien et c’est un signe parmi tant d’autres qui mettent notre coopération aux devants de la scène à l’échelon mondial. Et ce n’est point un secret pour personne si le Mali reste un allié historique de votre pays. D’autant plus que le Maroc a le mérite de réintégrer l’Union Africaine d’une manière solennelle depuis déjà un bon bout de temps. De surcroît, votre pays est très attaché au continent dont il tient ses racines et ses origines identitaires, à travers l’histoire. Tout ce qui se passe aujourd’hui, nous intéresse de près ou de loin. Lorsque le Roi du Maroc se déplace au Mali, c’est la ferveur du peuple malien.
« C’est dire combien je suis à la fois ému et comblé de venir participer à ce grand festival qui ne cesse de gagner en maturité et se hisser en réelle messe de rencontres et d’échanges de toutes les ethnies, mais particulièrement celle de l’africanisme. Le festival d’Agadir s’affirme avec ténacité, par sa thématique humaniste qui en fait un véritable leitmotiv de haute facture, en termes de partage et de communion. En effet, le phénomène des migrations reste pour le bassin de la Méditerranée, de l’Afrique et nombre de nations du monde, une préoccupation majeure qui ne cesse de mettre en péril l’humanité, de par sa complexité et sa fugacité. C’est la raison pour laquelle, la transposition de ce thème au grand écran, ainsi que les débats qui s’en suivent et les différentes réactions qu’ils soulèvent, sont toujours là pour donner des solutions et des panacées à cette problématiques chroniques. »

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