Une vidéo montrant un producteur de musique en train de se faire violemment tabassé par plusieurs policiers à l’intérieur de son studio d’enregistrement à Paris a suscité un grand émoi en France, ravivant le débat sur les « violences policières », à un moment où une proposition de loi sur la « sécurité globale » visant à réprimer la diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre, est en cours d’examen au parlement.
La séquence, filmée par les caméras de surveillance ainsi que par plusieurs voisins, a été révélée jeudi par un média en ligne, avant d’envahir la toile soulevant l’indignation de la classe politique de tout bord, alors que les forces de l’ordre sont pointées du doigt depuis plusieurs mois pour des violences qualifiées de « systématiques » par les défenseurs des droits de l’Homme.
Si certains milieux politiques dénoncent « un phénomène de violences policières » après plusieurs incidents impliquant notamment des fonctionnaires de police, le gouvernement, lui, refuse de parler de phénomène mais plutôt de cas isolés.
Face aux images du passage à tabac du producteur de musique, le président français Emmanuel Macron s’est dit « très choqué”, tandis que son ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, qui a demandé la suspension des policiers mis en cause dans cette affaire, a fait part de sa consternation face à des images « inqualifiables et insupportables ».
Le locataire de la place Beauvau a promis que les quatre policiers présumés impliqués dans cette affaire, actuellement en garde à vue après l’ouverture par le parquet de Paris d’une enquête pour «violences» et «faux en écriture publique», seront révoqués si la justice conclut à une faute, “car ils ne seraient plus dignes de porter l’uniforme de la République”.
La séquence vidéo a également ravivé un débat déjà tendu, depuis plusieurs jours, au sujet d’une proposition de loi sur la « sécurité globale » soumise par le gouvernement au parlement, et qui entend réprimer la diffusion malveillante d’images des éléments des forces de l’ordre.