Saoudi El Amalki
Après être sorti du creux de la vague, qu’en est-il au Hassania d’Agadir ? Juste après le sauvetage in extremis, on s’est précipité d’engager un directeur sportif et un nouveau coach certes, mais il semble que le club sombre dans l’inconnu, jusqu’ici. On se rappelle comme si cela datait d’hier, qu’on avait dit, au moment de l’éviction de l’ancien comité, sous la présidence du jeune Amine Dor, qu’on eut gaffé sur le compte d’une compétence tout feu tout flamme. Pour des calculs politiciens réducteurs, on avait fait du lest sur un ramassis disparate, tout en semant le tiraillement entre la société qui s’accaparait tous les pouvoirs, administratif et financier, et l’association qui, quant à elle, devait se contenter des «miettes». On avait bien cru que seul l’argent pouvait résoudre les problèmes du Hassania et que le reste devait en principe, suivre. Il est bien vrai qu’avec ce pognon, on avait épongé les dettes, réglé des reliquats des créanciers et libéré le joug des recrutements, sans pour autant redresser la situation technique …
Au fil du temps, on s’est rendu compte qu’on faisait erreur, surtout du côté du «gros pourvoyeur» de la quasi-totalité du fric et que la gestion performante d’un club de football nécessitait également beaucoup de savoir-faire et surtout immensément d’intégrité. Chose que ceux désignés pour cette délicate mission en manquaient fort affreusement ! «L’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le !», disait Jules Renard, l’écrivain français. Cette fameuse citation paraît convenir au cas de la formation soussie qui vient de «dilapider» un fol argent pour s’en trouver dans le bas du peloton et échapper à la descente aux enfers. Le donateur en question s’en arrache les cheveux et surtout s’en repentit pour avoir fait confiance aux «mal-foutus». Cette désillusion lui fait sans doute, regretter d’avoir tourné le dos à leurs prédécesseurs qui n’étaient nullement aussi mauvais qu’on lui faisait croire lors du limogeage des anciens et de l’installation des actuels. En fait, ce ne fut que « partie remise », tel que l’on avait si fermement répété…
Aujourd’hui, on croit savoir que l’ « alimentateur » du club allait chambouler tout bonnement les choix de cette mésaventure pour balayer de revers de main l’ancienne clique et remettre en lieu et place ceux qu’il avait « maladroitement » remerciées. Ce serait à la fois un mea culpa des plus audacieux de sa part et une véritable relance, avec les ingrédients nécessaires au redressement, à savoir l’argent bien évidemment, mais aussi une gouvernance saine qui tienne en compte la structuration de les aspects en entier du club, notamment tous les côtés financier, patrimonial, technique, formationnel, pédagogique. Le Hassania d’Agadir ne saurait vivre entre les mains de gens qui mettent le club en proie de douleurs et de gabegies. Il devrait désormais atterrir sous l’aune de la fermeté gestionnaire, de l’éclosion de l’effectif, de la probité des dirigeants, de la planification et de la préservation de son identité et de son histoire…
