La célébration, ce 13 janvier, du nouvel an amazigh « Idh Yennayer » 2966, se veut une occasion pour les Amazighs aux quatre coins du Royaume de renouveler leur attachement à la terre et à ses vertus et de présager un avenir meilleur, empli de bienfaits.
Selon les régions : « Idh Yennayer », « Idh Yen Ousgass », « Ikhef Yen Ousgass » ou encore « Hagouza », le nouvel an amazigh renvoie à un logosphère agricole commémoré partout en Afrique du Nord : celui d’un pan séculaire du patrimoine immatériel local et d’un affluent à part entière des expressions culturelles de cette région.
D’après le doyen de l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) Ahmed Boukous, la célébration du nouvel an amazigh revêt de profondes symboliques qui, en filigrane, donnent toute la mesure du prisme philosophique sous-tendant la relation que l’Homme amazigh a, depuis toujours, entretenue avec la terre.
Il s’agit, au travers de cette date, de célébrer la terre et ses produits, d’où d’ailleurs l’appellation « d’année agricole ». Selon M. Boukous, cette dénomination, à elle seule, en dit long sur l’attachement des Amazighs à la terre et à sa mémoire.
Dans une déclaration à MAP-Amazigh, l’intervenant a souligné que l’avènement de « Idh Yennayer » renvoie à une foultitude de rituels, us et coutumes inhérentes, dans leur déclinaison gastronomique, à la préparation de mets traditionnels « Tirham », en particulier « Tagulla » (Purée à base de céréales).
Sur la revendication de décréter « Yennayer » jour férié et de fête nationale, M. Boukous y voit une « requête juste et raisonnable » pour moult considérations.
Déroulant son argumentaire, le doyen de l’IRCAM précise que cette journée ne peut être dissociée de la mémoire collective des peuples nord-africains et encore moins du secteur agricole, gagne-pain d’une large partie de la société marocaine.
La réalisation de cette aspiration rime bien avec la place conférée à la culture amazighe dans la Constitution comme elle ira de pair avec l’essence même de l’officialisation de l’Amazighe et avec l’esprit et la lettre de la résolution de l’UNESCO qui a reconnu la commémoration du nouvel an amazigh comme patrimoine immatériel mondial, cette date miroitant une tradition séculaire transférée par une communauté et à sa postérité.
Idem pour l’alphabet Tifinagh et le Couscous amazigh inscrits, tous deux, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, a-t-il poursuivi.
De son côté, le chercheur en culture amazighe et vice-secrétaire général de l’Association marocaine pour l’échange culturel Lhoussine Ait Bahssine a relevé que la célébration de « Idh Yennayer », que les Marocains, amazighophones soient-ils ou pas, ont de tout temps eu en partage avec d’autres régions de l’Afrique du Nord, témoigne de la fierté qu’inspire la diversité culturelle de leur pays, le Maroc.
Le chercheur lance une invite à intégrer le club des peuples qui joignent une « célébration environnementale » à leur calendrier de fêtes religieuses et nationales, au moment où la communauté internationale entrevoit une nouvelle génération de droits de l’Homme, parmi eux le droit à l’environnement et à l’appropriation du patrimoine.
Toujours est-il que la commémoration de l’année amazighe et la valorisation de ses traditions ancrées dans l’histoire se veulent une réhabilitation d’une composante incontournable du cachet identitaire marocain et de ses multiples expressions culturelles.
