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Italie: nouveau gouvernement ou nouvelles élections?

Mercredi s’annonce une journée cruciale pour les Italiens. Des négociations doivent avoir lieu en vue de la formation d’un nouveau gouvernement.

Ça passe ou ça casse pour les Italiens. Ce mercredi 28 août est une journée cruciale pour le pays, sans gouvernement depuis désormais trois semaines, en raison d’une crise politique inédite. Deux options sont désormais sur la table : soit le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate parviennent à trouver une union pour former un nouveau gouvernement, soit le président de l’Italie annoncera la tenue de nouvelles élections. Après des pourparlers nocturnes, des suspensions, des prises de bec et des rabibochages, le M5S (antisystème) et le PD, première force de gauche, ont prévu de se revoir mercredi pour négocier un programme commun et la répartition des postes ministériels. Le climat est « positif » selon le M5S, tandis que le PD est « optimiste ».

Cela fait trois semaines que la péninsule est plongée dans une crise inédite, avec d’abord le dynamitage par Matteo Salvini, le chef de la Ligue (extrême droite), le 8 août de la précédente coalition formée avec le Mouvement 5 étoiles. Puis la démission le 20 août du Premier ministre Giuseppe Conte qui a accusé Matteo Salvini d’avoir « fait passer ses propres intérêts » électoralistes (il était alors donné à 36/38 % des intentions de vote, il est tombé à 31/33 %) devant ceux du pays. Le président Sergio Mattarella a entamé mardi et doit conclure mercredi un deuxième round de consultations de la classe politique.

L’idée d’une alliance entre le PD et le M5S a été lancée par l’ancien Premier ministre Matteo Renzi (février 2013-décembre 2016) avec pour objectifs de base : la réduction du nombre de parlementaires et un budget 2020 capable d’éviter une hausse de la TVA prévue l’an prochain, très pénalisante pour les consommateurs. Depuis, le projet s’est enrichi de propositions des deux camps qui convergent sur une relance de la poussive croissance italienne avec une attention pour les plus faibles et l’environnement, et une cure d’amaigrissement du Parlement.

Giuseppe Conte populaire en Italie

Les points d’achoppement résident plutôt dans l’attribution des fauteuils ministériels. Le PD a levé son veto à une reconduction du Premier ministre sortant Giuseppe Conte, mais sans le dire officiellement. Et le M5S a mis la pression mardi en réclamant un « okay formel » au maintien de Giuseppe Conte, qui jouit d’une forte popularité en Italie. Après le président du Conseil européen Donald Tusk samedi au G7 de Biarritz, Giuseppe Conte a reçu un coup de pouce inattendu du président américain Donald Trump qui a dit espérer « qu’il restera Premier ministre ». Le qualifiant « d’homme très doué », le président américain a souligné dans un tweet que l’ex-Premier ministre italien a « représenté l’Italie avec force au G7. Il adore son pays et travaille bien avec les États-Unis ».

Premier parti au Parlement depuis les législatives de 2018 (32 % des suffrages), le M5S entend peser aussi sur la répartition des ministères. Selon les médias, le PD aurait demandé, en contrepartie de son feu vert à Conte, de choisir un certain nombre de ministères, dont l’Économie et les Affaires étrangères. Ce qui a permis à Matteo Salvini de se moquer de tractations de dernière minute « non pas sur des projets, mais des fauteuils ». Autre problème : le sort de l’actuel vice-Premier ministre sortant et chef du M5S Luigi Di Maio, qui est très affaibli. Le M5S a fait démentir par les services de Giuseppe Conte que le leader du Mouvement 5 étoiles a demandé le ministère de l’Intérieur, actuellement occupé par Matteo Salvini.

Le PD refuse de son côté que le M5S place l’un de ses dirigeants comme vice-Premier ministre, et considère que, si Giuseppe Conte, proche du M5S, est Premier ministre, il ne peut être flanqué que d’un seul numéro deux, issu du camp social-démocrate. Sergio Mattarella recevra les formations politiques, en ordre croissant d’importance et terminera par le M5S. Si on ne lui présente pas un accord de « majorité solide », il a déjà prévenu qu’il décidera d’un retour aux urnes. Une perspective qui ne l’enchante guère, car l’Italie, troisième économie de la zone euro, est très endettée et à l’arrêt dans un contexte de ralentissement économique international, et de tensions commerciales.

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