Contrairement à la campagne 2018-2019 caractérisée par une production en nette hausse pour les agrumes dans leur ensemble, la campagne actuelle se caractérise par une chute de la production, notamment de clémentines, sans précédent de 50% en moyenne voire 75% dans des régions comme le Souss Massa.
Selon les estimations des producteurs, cette baisse devrait se situer à 83% par rapport à l’année précédente. Le volume des exportations devrai se situer à 10 000 tonnes cette année contre 90 000 tonnes l’année précédente.
Ce repli de production devrait infliger aux agriculteurs des pertes de l’ordre de 3 milliards de dirhams. Une situation qui va les enfoncer davantage dans la crise et aggraver leurs dettes envers les banques. Les plaintes contre eux relatives aux chèques et lettres de change impayés connaissent également une hausse significative.
Aussi, le manque de liquidités chez les agriculteurs de la région a impacté négativement la préparation de la campagne actuelle ce qui pourrait se traduire par une faible production de certains produits tels les légumes.
Certains agriculteurs nous ont affirmé que la chute de production des agrumes cette année va aggraver leur déficit financier à cause du coût de production élevé par rapport aux prix de vente sur le marché local et international. Ces agriculteurs point du doigt certains groupes exportateurs qui ont augmenté le rythme de production au détriment de la qualité des produits et de la valeur commerciale surtout sur les marchés européens. Les mêmes sources affirment que la ruée de certains groupes de conditionnement vers l’exportation sans stratégie préalable à impacter négativement le prix du produit national sur les marchés étrangers.
Notons que le comité technique de l’association des producteurs d’agrumes (ASPAM régionale) avait souligné, lors d’une réunion tenue pour faire le point sur la situation des exportations au 23 novembre 2019, qu’il restait encore 8.000 tonnes à exporter sur les 42.000 prévus cette année. Ces quantités exportées l’ont été pour 50% vers le marché russe, 30% vers les pays d’Amérique du Nord et seulement 12% vers les marchés de l’Union européenne.