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La France au secours de l’Algérie

La « petite brouille » actuelle passe déjà au second plan dans ce pays où la corruption de l’État est connue de tous.

 

   Le Premier ministre, Manuel Valls, est à Alger, accompagné par dix ministres et une centaine de chefs d’entreprise français. La « petite brouille » actuelle, concernant les révélations du quotidien Le Monde, passe déjà au second plan dans ce pays où la corruption de l’État est connue de tous, surtout dans le climat économique de morosité qui frappe l’Algérie.

   D’ailleurs, Manuel Valls ne s’en est même pas entretenu, lors de l’interview qu’il a donnée au quotidien El Watan. Son sujet principal a été : « La France a confiance en l’avenir de l’Algérie, mais les entreprises françaises doivent évoluer dans un environnement clair et sécurisé, en particulier sur le plan juridique. » Comme on le comprend ! Il juge inadapté, et n’hésite pas à critiquer, le climat des affaires en Algérie.

   Des projets sont en passe de se réaliser : production d’isolateurs électriques et de vannes hydrocarbures, une joint-venture dans le secteur de l’engineering industriel, l’implantation d’une usine Peugeot-Citroën et la revalorisation des phosphates et de la production de gaz industriels. Le groupe Lafarge réhabilitera la cimenterie de Rais Hamidou et la réalisation d’une plate-forme d’exportation de ciment. Plus de 140.000 Algériens travaillent actuellement grâce aux 400 entreprises françaises présentes en Algérie. Hors hydrocarbures, la France, avec plus de deux milliards d’euros, est le premier investisseur en Algérie.

   Dans un domaine qui intéresse plus particulièrement les Algériens, le Premier ministre a précisé qu’« en 2015, la France a traité plus de 560.000 demandes de visas et en a délivré 422.000 aux demandeurs algériens, contre 330.000 en 2014 et 230.000 en 2013 ».

   Il a précisé que 75 % de ces demandes recevaient des réponses positives et qu’un certain nombre de professions (médecins, journalistes, architectes, avocats) ainsi que les entreprises et institutions bénéficiaient d’un traitement personnalisé et accéléré. Il a ajouté que la France accordait un nombre croissant de visas de circulation permettant de rester dans le pays sur des périodes de plusieurs années, sans obligation de solliciter un renouvellement de visa, et que l’Algérie représentait 50 % des visas attribués. Les étudiants bénéficiant d’un système leur évitant des délais d’attente, que plus de 5.600 avaient rejoint les établissements d’enseignement supérieur français et qu’il était prévu une nouvelle hausse de 30 % en 2016.

   Au sujet de l’islam, Manuel Valls a précisé qu’il s’agissait de la deuxième religion de France et que les musulmans étaient les premières victimes du terrorisme, que l’immense majorité aspirait à vivre dans la sérénité au cœur de la République et qu’elle n’avait rien à voir avec ceux qui pervertissaient le message de l’islam en commettant le pire, asservissant et tuant. « Nos deux pays doivent coopérer étroitement face à cet ennemi commun qu’est le terrorisme islamiste », a-t-il déclaré, souhaitant une coopération très étroite du renseignement et du militaire et précisant, sur la question libyenne, que la France avait la même position que l’Algérie en soutenant et confortant le gouvernement El Sarraj de Tripoli. Une « petite brouille », paraît-il ?

   Que l’on soit parfaitement rassuré : l’Algérie a bien davantage besoin de la France et elle en est parfaitement consciente.

   Boulevard Voltaire

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