La démission de la ministre française de la Justice Christiane Taubira, la relance des relations entre l’Iran et l’Occident, la crise des réfugiés ainsi que la gestion des frontières au sein de l’espace Schengen font, jeudi, les gros titres des principaux journaux européens.
En France, ‘Libération » écrit que l’équilibre au sein du gouvernement de gauche a été rompu avec la démission de Christiane Taubira, estimant et que l’exécutif penche désormais de plus en plus vers le centre.
‘Imprévisible, parfois fantasque, Taubira incarnait par son talent, sa culture et ses prises de position sur les questions de justice la gauche sociétale au sein de l’équipe Valls », souligne le journal.
Sur le même sujet, ‘Le Figaro » écrit qu’il était temps que la Garde des Sceaux s’en aille, estimant que Christiane Taubira mérite ‘d’être classée parmi les pires ministres de la Justice de la Ve République ».
L’éditorialiste du journal reproche à Mme Taubira d’avoir procédé à ‘un spectaculaire désarmement pénal ( ) au nom d’un angélisme confondant », ajoutant que la guerre contre le terrorisme réclame au sommet de l’Etat des hommes et des femmes sans états d’âme ni préventions.
Pour sa part, ‘Le Monde » met l’accent sur la tournée qu’effectue le président iranien Hassan Rohani en Italie et en France, affirmant que la France entend développer ses relations économiques avec la République islamique d’Iran, après la levée partielle des sanctions économiques contre ce pays.
‘Sortir l’Iran de son statut de paria de la scène internationale est un objectif diplomatique prometteur », mais ‘il dépend moins de ce que souhaitent les Européens que de l’issue de la bataille en cours à Téhéran entre durs et réformateurs », estime le quotidien.
En Belgique, ‘Le Soir » met également l’accent sur la relance des relations entre l’Iran et l’Europe après la conclusion de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015 et la levée des sanctions imposée à Téhéran, notant que la visite cette semaine du président Hassan Rohani en Europe devrait aboutir à la signature de plusieurs contrats commerciaux d’envergures.
Le quotidien fait observer que les dix ans de dépendance vis-à-vis des entrepreneurs chinois ont fait de l’Iran un nouveau partenaire avide des accords européens et de modernité économique que ces avoirs fraichement récupérés vont lui permettre de concrétiser.
‘La Dernière Heure » commente de son côté la démission de la ministre française de la Justice Christiane Taubira qui a quitté mercredi le gouvernement, en profond désaccord sur la réforme constitutionnelle.
La publication explique à ce propos que »le virage sécuritaire » pris par l’Exécutif français après les attentats de novembre à Paris a eu raison de la Garde des Sceaux, notant que Christiane Taubira ne voulait pas voter la déchéance de nationalité et a préféré partir.
En Allemagne, la presse consacre l’essentiel de ses commentaires à la politique migratoire et d’asile du pays.
Le quotidien ‘Kolner Stadt-Anzeiger », qui critique le débat autour de ce sujet, indique qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que de nouvelles propositions irrationnelles soient mises sur la table par la coalition au pouvoir pour endiguer les flux des migrants illégaux.
Le journal ajoute qu’il est probable que la réunion, jeudi, entre les leaders de l’Union démocratique chrétienne, du parti social-chrétien et du parti socialiste démocrate aboutira à un accord en ce qui concerne la politique d’asile et la mise en place d’une nouvelle série de mesures dans le domaine migratoire.
Le journal ‘Neue Presse » se demande de son côté qu’envisagent exactement les politiques pour régler la crise des migrants qui affluent sur le pays, tout en regrettant le recours au refoulement après les évènements de Cologne.
Son confrère ‘Neue Osnabrucker zeitung » pense que les autorités allemandes vont bientôt lancer les opérations de refoulement des étrangers impliqués dans des affaires criminelles, relevant que cette mesure, est vraisemblablement, une réaction aux évènements survenus dans la nuit de la sain-sylvestre à Cologne.
‘Rheinpfaz » trouve pour sa part qu’il n’est pas encore établi que des demandeurs d’asile avaient un quelconque rôle dans les évènements de Cologne pour faire l’objet de refoulement.
Le quotidien ‘Handelsblatt » constate de son côté que la coalition gouvernementale est divisée et se trouve dans une situation délicate, notant que les décisions hâtives prises par l’exécutif allemand montrent que celui-ci ne contrôle pas la situation avec la fermeté qu’il faut.
La presse néerlandaise focalise également son attention sur la crise des réfugiés et met l’accent particulièrement sur les reproches faits par l’Europe à la Grèce concernant la gestion de ses frontières.
Sous le titre ‘les contrôles aux frontières au sein de Schengen sont envisageables », le quotidien de ‘De Volkskrant » indique que Bruxelles a épinglé la Grèce pour sa négligence en matière de respect des contrôles aux frontières, comme le stipule l’accord établissant l’espace Schengen.
Selon la publication, si les pays européens peinent à trouver des solutions pérennes et efficaces à la crise migratoire, la réintroduction des contrôles aux frontières avec la Grèce sera alors possible, ce qui signifie l’exclusion du pays de la zone Schengen.
Le ‘NRC » signale que l’Europe a invité Athènes à instaurer des contrôles le long de ses frontières d’ici trois mois pour éviter qu’il ne soit exclue de l’espace Schengen, ajoutant que la Commission européenne, qui a mis en cause la manière de gestion du pays de la crise migratoire, a accusé les autorités d’Athènes de faite très peu pour sécuriser les frontières de l’Europe.
Le journal, qui revient sur les conclusions de la réunion des ministres de l’intérieur et de la justice européens à Amsterdam, souligne que les Pays-Bas, qui assurent durant ce semestre la présidence tournante du conseil de l’UE, sont largement favorables à une réintroduction des contrôles au sein de l’espace Schengen.
‘L’AD » se fait l’écho de la réaction du gouvernement grec qui a rejeté les accusations de négligences, ajoutant que le ministre chargé de la politique migratoire, Iannis Mouzalas a dénoncé des ‘?mensonges » surtout que les prises d’empreintes ont concerné près de 90 % des migrants qui passent par la Grèce.
En Grande-Bretagne, la presse s’intéresse à la méga-fusion entre BG Group et Shell, la prochaine rencontre entre le PM britannique et le président de la Commission européenne et le virus Zika signalé dans plusieurs pays européens.
Le quotidien ‘Guardian » se fait l’écho de l’approbation par la majorité des actionnaires de Shell de la fusion avec BG Group, ce qui devra donner naissance à un géant mondial dans le secteur pétrolier.
Shell, le numéro un du secteur de l’énergie britannique, avait conclu un accord pour racheter le numéro trois du secteur, BG Group, pour 64,34 milliards d’euros, souligne le journal, indiquant que la réalisation de cette acquisition permettra au groupe Shell de renforcer son positionnement sur le marché et de réduire l’écart avec l’américain Exxon Mobil qui pèse 331,6 milliards d’euros.
Le ‘Daily Telegraph » met en avant l’importance de la rencontre prévue vendredi prochain à Bruxelles entre le Premier ministre britannique David Cameron et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.
Cette rencontre, qui devrait porter sur la renégociation du statut de Londres au sein de l’Union européenne, s’inscrit dans le cadre des efforts engagés par le gouvernement britannique pour convaincre les partenaires européens du bien-fondé des réformes souhaitées par le Royaume-Uni de l’UE, précise la publication.
Quant au quotidien ‘Independent », il jette la lumière sur le virus Zika qui a commencé à se propager en Europe. Transmis par des moustiques, ce virus peut entraîner de la fièvre, des douleurs musculaires et des éruptions cutanées, voire des complications neurologiques.
A l’heure actuelle, il n’y pas de traitement curatif ou un vaccin contre ce virus soupçonné d’entraîner des malformations congénitales, telles que la microcéphalie, voire la mort, note le journal.
En Espagne, les principaux quotidiens rendent comptent des déclarations de la ministre de la Présidence du gouvernement régional de la Catalogne, Neus Munté, qui a affirmé qu’une éventuelle déclaration d’indépendance serait ‘une déclaration d’intentions ».
Ainsi, le journal ‘La Razon » indique que le nouvel exécutif catalan a modifié son plan indépendantiste en optant pour une déclaration d’intentions qui n’aura aucune valeur légale, précisant que des élections régionales auront lieu postérieurement en vue de constituer le futur Etat catalan.
Quant à ‘El Mundo », il écrit que les membres du gouvernement catalan donnent des réponses contradictoires au sujet de la déclaration de l’indépendance de la Catalogne, expliquant que tandis que les ministres de la liste Junts pel plaident pour un referendum d’autodétermination, les républicains appellent à une séparation immédiate du reste de l’Espagne.
Même son de cloche chez ‘ABC », qui relève que Munté a considéré que l’essentiel est de constituer un Etat, précisant qu’une déclaration d’indépendance en Catalogne ne doit pas être forcément unilatérale, d’autant plus que la justice espagnole interdira toute action visant à concrétiser les aspirations nationalistes du gouvernement catalan.
‘El Pais » souligne pour sa part que Munté, qui a insisté sur l’importance pour toutes les composants du gouvernement catalan de travailler de concert pour mettre en œuvre la feuille de route indépendantiste, a refusé de donner des détails sur les formules prévues par l’exécutif régional pour déclarer l’indépendance de la Catalogne.