Les principaux journaux européens consacrent, jeudi, leurs commentaires à la crise des réfugiés en Europe, au nouvel accord conclu entre Londres et Bruxelles pour éviter un ‘Brexit » et aux négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement en Espagne.
La presse belge s’intéresse tout particulièrement au rétablissement provisoire par la Belgique des contrôles avec la France, pour faire face à un éventuel afflux de migrants quittant la ‘Jungle » de Calais, vaste camp situé à une quinzaine de kilomètres de l’entrée française du tunnel sous la Manche.
Sous le titre ‘La Belgique ne veut pas d’une jungle bis », La Dernière Heure indique que le but de cette opération reste surtout d’éviter qu’un camp de réfugiés puisse se créer en Belgique, comme c’est le cas de la tristement nommée ‘jungle de calais ».
Le journal, qui note que la durée des contrôles n’est pas encore définie, relève que les forces de l’ordre belges ont surtout les passeurs de migrants dans le collimateur.
Pour La Libre Belgique, on peut admettre que gouvernement et communes prennent des meures pour contenir un éventuel afflux de migrants, même si la fermeture de la frontière porte un nouveau coup dur à Schengen.
Encore faut-il, estime toutefois le quotidien, faire la différence entre anticiper une crise et profiter d’un climat tendu pour justifier tout et n’importe quoi.
Pour spectaculaire qu’elle soit, la mesure d’exception qui consiste à rétablir une frontière afin de se préserver des ‘désagréments » de son voisin a quelque chose de pitoyable dans une Europe qui claironne volontiers ses valeurs d’ouverture, écrit de son côté Le Soir.
Le journal explique qu’au bout du compte, si des policiers sont aujourd’hui envoyés en renfort, c’est parce que de Stockholm à Lisbonne et de Paris à Athènes, les Européens n’ont jamais été capables de mettre en place une politique migratoire digne de ce nom.
Les quotidiens helvétiques, eux, se font l’écho de l’annonce d’un sommet extraordinaire de l’UE en mars en vue de parvenir à des compromis sur la crise des migrants.
La Tribune de Genève se demande si Bruxelles et Ankara sont en mesure d’honorer leurs engagements à agir ensemble pour lutter contre les passeurs et endiguer la plus grave crise migratoire dans l’histoire de l’Union européenne.
Alors que la pression sur la Turquie ne faiblit pas, les dirigeants des 28 s’inquiètent de voir des milliers de migrants traverser chaque jour la mer Egée et plus de 110.000 depuis le début de l’année, relève l’éditorialiste.
Pour Le Temps, l’afflux continu des demandeurs d’asile laisse craindre une transformation de la Grèce en un vaste camp de réfugiés après l’échec de précédents projets de réinstallation ou de retour.
Il a mis l’accent sur les doutes qui pèsent sur l’action commune UE-Turquie vu que le plan d’action déjà mis en place en octobre dernier n’a pas encore produit des résultats tangibles.
Le +24Heures+ relève de son côté que la problématique migratoire devrait prendre encore de l’ampleur si Ankara décide d’autoriser l’entrée de plus de 70.000 Syriens supplémentaires en détresse poussés à l’exode.
Toujours sur la crise migratoire, le quotidien allemand Die Welt se fait l’écho de la réunion de Vienne qui a rassemblé les pays de la ‘route des Balkans » empruntée par les migrants, indiquant que cette rencontre a été vigoureusement critiquée par la Commission européenne qui y a vu une initiative faisant fi de l’action européenne commune.
Malgré les critiques, il convient, estime le journal, de prendre en compte, les positions des eurosceptiques.
Tageszeitung relève, de son côté, qu’au lieu de laisser la Grèce faire face à l’afflux incessant de réfugiés, il faut se mettre d’accord sur une stratégie commune pour surveiller les frontières extérieures de l’UE.
Neue Osnabrücker Zeitung indique que l’Allemagne vient de perdre son allié autrichien à cause de la politique d’ouverture prônée par Berlin, estimant que la crise migratoire risque de s’aggraver davantage si les divergences entre pays européens concernés persistent.
Aux Pays-Bas, la presse revient sur les dernières révélations sur le crash de l’avion de touristes russes, le 31 octobre dernier.
De Volkskrant, qui titre ‘l’Egypte reconnaît que les terroristes ont abattu l’avion russe », indique que le Caire a annoncé pour la première fois de manière officielle que le crash de l’avion de ligne russe dans le Sinaï en octobre dernier était un acte terroriste, ajoutant que le président égyptien a souligné dans un discours télévisé que l’action était dirigée, entre autres, contre le tourisme national.
Les Américains et les Britanniques avaient rapidement évoqué la thèse de l’attentat en se basant sur l’analyse des appels téléphoniques interceptés par leurs services de renseignements avant le crash, ce qui a produit une vague d’annulation des réservations et de rapatriement des touristes occidentaux et russes, rappelle le journal.
Cette nouvelle ne profitera pas au secteur du tourisme en Egypte, en particulier à Charm El-Cheikh, surtout que la Russie et la Grande-Bretagne avaient décidé de suspendre leurs vols vers l’aéroport de la station balnéaire, très prisée par les touristes en provenance de Russie et de Grande-Bretagne, indique pour sa part le quotidien NRC.
Le Caire a fini par reconnaitre que l’avion a été abattu à l’aide d’une bombe ou d’un engin minuscule placé dans l’avion par des terroristes, souligne le journal, ajoutant que la branche locale de l’Etat islamique avait revendiqué l’attentat en représailles aux bombardements par l’aviation russe de ses positions en Syrie.
En Espagne, les principaux journaux attachent un intérêt particulier à la suspension par le parti anti-austérité Podemos des négociations avec le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) pour la formation d’un gouvernement.
El Pais écrit que cette décision a été prise en signe de refus de l’accord signé mercredi par les chefs du PSOE, Pedro Sanchez, et du parti libéral Cuidadanos, Albert Rivera, permettant de soutenir l’investiture d’un candidat socialiste à la tête du gouvernement espagnol.
Quant à El Mundo, il indique que le porte-parole de la formation d’extrême gauche, Inigo Errejon, a expliqué que l’accord conclu entre le PSOE et Ciudadanos est incompatible avec les politiques du parti, ajoutant que la suspension des négociations par Podemos est un ‘coup fort » aux aspirations de Sanchez de former un gouvernement à gauche.
Même son de cloche chez ABC, qui souligne que les dirigeants de Podemos ont considéré que le PSOE a raté une opportunité historique pour former un gouvernement capable de conduire l’Espagne vers le changement, exprimant toutefois leur disposition à dialoguer avec les socialistes après la première session d’investiture prévue mardi.
Dans ce sens, La Razon rapporte les propos du leader de Podemos, Pablo Iglesias, qui a affirmé qu’en concluant ce compromis avec Ciudadanos, le PSOE a fermé la porte devant la constitution d’un gouvernement progressiste.
En Grande-Bretagne, la presse s’intéresse au nouvel accord conclu entre Londres et Bruxelles pour éviter un Brexit, la chute de la livre britannique et les ‘Brit Awards » qui récompensent le meilleur de la musique au Royaume-Uni.
Le quotidien Guardian met en avant les propos du président du Conseil européen Donald Tusk selon lequel l’accord conclu entre les dirigeants des 28 Etats membres de l’UE sur les réformes réclamées par le Royaume-Uni ne pourra pas être contesté devant la justice européenne.
‘Le nouvel accord est légalement contraignant et irréversible. Il entrera en vigueur après l’approbation du peuple britannique pour rester dans l’UE », a dit M. Tusk, cité par le journal.
Le Daily Telegraph se fait l’écho de la victoire de la chanteuse anglaise Adele qui a remporté quatre ‘Brit Awards » de la musique pop, dont le prix de la meilleure artiste féminine et de l’album de l’année pour son second ‘opus » baptisé 25, son âge au moment de l’enregistrement.
Quant au Financial Times, il focalise sur l’affaiblissement de la livre britannique qui a poursuivi sa dégringolade mercredi, s’enfonçant sous 1,40 dollar, son plus bas niveau depuis près de sept ans, plombée par les incertitudes sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (UE).
Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) pense que les ‘incertitudes » entourant le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union européenne pourraient peser sur l’investissement dans le pays, souligne la publication.
En France, Le Monde affirme que l’armée française a recours aux forces spéciales et à des actions clandestines en Libye pour lutter contre l’organisation terroriste Etat islamique (EI) présente dans ce pays.
‘Face à l’EI, tous les moyens sont employés, et la France est également présente dans le ciel libyen avec des outils conventionnels sur lesquels le ministère de la défense ne communique pas », ajoute le quotidien.
De son côté, Libération s’intéresse au schisme qui se creuse dans la famille de la gauche française, après la publication par de nombreuses personnalités ‘frondeuses » du Parti socialiste d’un manifeste critiquant la politique menée par le gouvernement de Manuel Valls, notamment le projet de réforme du Code du travail.
Face au schisme en gestation, le journal préconise de réunir le peuple de gauche dans une grande primaire, en perspective des présidentielles de 2017, qui permettra de trancher entre les deux lignes et éviter un ‘suicide politique » de la gauche.
Sur le même sujet, Le Figaro critique, quant à lui, le manifeste signé notamment par l’ancienne n 1 du Parti socialiste Martine Aubry, qui avait instauré, il y a vingt ans, la loi sur la durée légale du travail (35 heures), une réglementation qui devrait être assouplie par le projet de réforme du Code du travail.
‘Non contente d’avoir détruit la compétitivité de la France avec sa loi suicidaire sur les 35 heures, la voilà (Martine Aubry) qui administre, sans vergogne ni complexe, une ahurissante leçon d’économie à François Hollande », écrit le quotidien.