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Le cinéma africain, un miroir identitaire des réalités sociales du continent

Le cinéma africain est devenu un miroir identitaire reflétant les réalités sociales du continent noir, ont souligné, dimanche à Khouribga, les participants au colloque principal de la 20ème édition du festival du cinéma africain de Khouribga.

Le cinéma africain a permis de rapprocher les Africains de leur culture et de renforcer leur sentiment identitaire et leur attachement à leur mère patrie, en s’identifiant à des personnages qui parlent leur langue, portent leurs habits et vivent leurs histoires, ont indiqué les intervenants lors de cette conférence consacrée à la question de l’identité africaine.

Au début, les cinéastes africains sont tombés dans le piège de l’assimilation à l’occident mais ils ont vite compris que pour conquérir le public et atteindre l’universalité, il faut traiter des thématiques qui relèvent de la réalité locale, ont-ils fait savoir, notant que plus le film est local, plus il est universel. « C’est un billet gratuit pour découvrir une nouvelle culture ».

Aujourd’hui, l’Africain n’est plus un consommateur passif des productions cinématographiques étrangères, il y a un engouement pour le cinéma africain qui préserve les spécificités locales, ont-ils soutenu.

Le cinéma africain a tous les ingrédients nécessaires pour concurrencer et s’imposer à l’échelle internationale, mais le problème de financement constitue toujours une barrière devant son rayonnement, ont-ils déploré, appelant les Etat africains à soutenir l’industrie cinématographique africaine pour ne plus rester tributaire du financement étranger.

Le Maroc est parmi les rares pays africains ayant porté un intérêt particulier à la question du cinéma, se sont-ils félicités, relevant que le festival de Khouribga, qui célèbre la grandeur de l’identité africaine, est l’incarnation concrète de cet intérêt et de cette volonté de promouvoir la culture cinématographique africaine.

L’identité est un thème complexe et lourd et qui n’est pas facile à définir, ont-ils estimé, ajoutant que cette question n’est pas spécifique à l’Afrique, mais suscite des débats sur le plan international, par crainte de tomber dans des crises identitaires, qui engendrent les guerres et les malheurs.

Ce colloque témoigne de l’importance qu’accorde le festival aux problématiques du cinéma africain depuis sa première édition en 1977, non seulement en exposant les productions cinématographiques africaines, mais également en abordant les questions liées à ce cinéma créatif, étant donné que les visions artistiques sont révélatrices de ce qui se passe dans la société.

Placé sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, ce festival qui se tiens du 09 au 16 septembre se veut une plate-forme incontournable pour des cinéastes de renom provenant de différents pays africains afin de présenter et de faire découvrir leurs œuvres cinématographiques reflétant et se ressourçant de la grandeur de l’identité africaine.

La compétition officielle de cette 20ème édition, connait la participation de 14 films qui seront en lice pour remporter le grand prix « Ousmane Sembène ».

Il s’agit du « Children of Mountain » de la réalisatrice ghanéenne Priscilla Anany, « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis, « Frontières » de la burkinabée Apolline Traoré, « Good luckAlgéria » de l’algérien Farid Bentoumi, « Hedi, un vent de liberté » du Tunisien Mohamed Ben Attia, « Un jour pour les femmes » de l’Egyptienne Kamla Abou Dikra, et « Kalushi » du Sud-africain Mandela Walter.

Prenant, également, part à cette édition, « Organisation incontrôlable » du Béninois Arnold Aganssi, « Solim » du Togolais Steven Af, « L’orage africain » du Béninois Sylvestre Amoussou, « Le belge noir » du Rwandais Jean-Luc Habyarimana, « Le train de sel et de sucre » de la Mozambicaine LicinioAzevedo, « Wùlu » du Malien Daouda Coulibaly, et « Hayat » du Marocain RaoufSebbahi.

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