La ministre déléguée auprès du ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement chargée de l’eau, Mme Charafat Afilal, a estimé que d’ici 30 ans, le dessalement de l’eau de mer pourrait-être l’une des solutions alternatives à la politique des barrages au Maroc.
Dans un entretien publié ce jeudi par L’Economiste, la ministre déléguée a annoncé que deux projets de cette envergure seront lancés à Agadir et Al Hoceima, dans la perspective d’étendre cette expérience à Casablanca, Safi et Tanger, en vue d’accompagner la demande croissante en eau potable et en irrigation, nuançant par la même occasion l’impact induit par le coût de cette technologie dans le frein à son développement.
Mme Afilal a évoqué par la suite la stratégie nationale de l’eau, qui consiste en la construction de trois grands barrages et une dizaine de petites et moyennes retenues d’eau par an, avec une priorité accordée aux régions où ces constructions seront un gage de sécurité hydrique. Une cadence qui sera suivie sauf en cas de contraintes budgétaires, a précisé la ministre déléguée.
Et d’ajouter que l’abondance des pluies, la régularité des crues et la capacité géologique du site à abriter un ouvrage de grande dimension, sont les facteurs clés qui déterminent la taille des barrages à construire.
S’agissant de la part des barrages dans la production de l’électricité propre, la ministre en charge de l’eau a estimé que, avec l’apport de la stratégie nationale des énergies renouvelables, le Maroc ambitionne d’augmenter la part des énergies hydroélectriques dans le mixe national à 14 pc au-delà de 2030, la production actuelle étant de 1.730 mégawatts dont 460 produite par la Step d’Afourer, soit 10 pc.
Par ailleurs, la ministre déléguée a souligné le caractère incitatif du cadre législatif pour leu secteur privé, en vue de l’encourager dans la voie des constructions des barrages et des usines de production des énergies hydroélectriques, et ce dans le cadre de la libéralisation du secteur des énergies propres.
Mme Afilal a conclu son entretien par une ambition affichée à défendre le secteur de l’eau lors de la COP22. Elle a estimé que cette rencontre internationale sera une occasion propice pour faire un plaidoyer et du lobbying pour que l’eau soit traitée en même pied d’égalité que l’énergie.
