Le long métrage turc « More » a remporté, à l’unanimité du jury, le Grand prix de la 15ème édition du Festival international Cinéma et migrations, dont le rideau est tombé samedi à Agadir.
Réalisé par le scénariste Onur Saylak, le film de 1h17 min, sorti cette année, relate l’histoire du jeune Gaza qui vit avec son père Ahad au bord de la Mer Égée, sur la côte turque.
L’adolescent est doué et voudrait poursuivre ses études mais son père a une vision bien différente de l’avenir de son fils. Il veut que Gaza l’aide dans son business de passeur de migrants clandestins venus du Moyen-Orient. Gaza rêve de s’échapper à cette vie sordide mais plonge petit à petit dans un monde fait d’immoralité et de souffrance.
Le jury qui a fait son choix parmi neuf longs métrages en lice, est présidé par le réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, délégué général du Festival Ecrans noirs, l’un des principaux festivals de cinéma en Afrique. Il est composé également du réalisateur et scénariste Hassan Benjelloun, de l’auteure et réalisatrice tunisienne Farah Khadar, et de l’acteur et scénariste franco-algérien Moussa Maaskri.
Le prix de la meilleure réalisation a été décerné au film « Paster Gangster » des réalisateurs belgo-marocains, Adil Arabi et Bilal Falah. Le prix du meilleur scénario a été attribué au réalisateur et producteur français Said hamich pour son long métrage « Vent du Nord ».
Au cours de la soirée de clôture du festival, le prix de la meilleure interprétation féminine a été remporté par l’actrice tunisienne Sondouss Belhasen pour sa performance dans « Benzine », alors que le prix de la meilleure interprétation masculine a été attribué à l’acteur marocain Madi Belem pour son rôle dans le film « Tazeeka ».
Le jury de l’autre compétition officielle du festival, réservée aux courts-métrages, a remis le Grand prix de cette compétition au Sénégalais Alassane Sy pour son film « Fallou ».
Présidé par le cinéaste marocain Daoud Oulad Sayed, le jury de la compétition du court métrage comprenait également Véronique Joo’aisenburg, responsable de la cinémathèque Afrique à l’Institut français de Paris et de l’actrice et productrice camerounaise Lucie Memba.
« Le festival international cinéma et migrations d’Agadir est l’unique festival axé sur les questions migratoires intercontinentales, un thème pourtant universel et récurent dans le 7ème art du continent africain qui n’a cessé de traverser les époques de l’histoire », estime Véronique Joo’aisenburg.
Depuis « Afrique sur Seine » de Paulin Soumanou Vieyra, réalisé en 1955, en passant par « La Noire de… » de Ousmane Sembene, 1966, « Soleil O » de Med Hondo, 1969, « Touki-Bouki » de Djibril Diop Mambéty, 1973, ou encore « Bako, l’autre rive », de Jacques Champreux, 1978, « La Pirogue de Moussa Touré », 2012, ou « Benzine » de la Tunisienne Sara Abidi, sorti en 2017, pour ne citer que quelques uns des films marquants « qui nous enrichissent et nous permettent à mieux vivre ensemble dans le futur », indique cette spécialiste du cinéma du continent.