Société

Les médecins du secteur privé haussent le ton contre Doukkali

Les médecins du privé ont tenu, jeudi 20 septembre, une assemblée générale inédite. Jamais auparavant, les différentes organisations représentant la médecine privée, n’avaient parlé d’une seule voix. C’est maintenant fait et Anass Doukkali y est indirectement pour quelque chose.

Cette assemblée générale a voté à l’unanimité la grève au rythme d’un jour par mois: 18 octobre, 22 novembre, 20 décembre et sit in devant le ministère de la Santé.

Les médecins réunis dans cette AG et ceux qu’ils représentent « déplorent l’absence de dialogue constructif avec les instances administratives et rappellent l’ensemble de leurs revendications »:

« 1. Pour une meilleure efficience de nos instances ordinales, nous demandons l’amendement de la loi 8-12 pour changer le mode de scrutin afin que les médecins de chaque secteur votent pour élire les seuls représentants du même secteur. Nous insistons pour que les ordres régionaux recouvrent une autonomie avancée de gestion. Enfin, ne doivent participer au vote ou être candidats que ceux à jour de leur cotisation ordinale.

2. Nous attirons l’attention sur les phénomènes d’automédication et du charlatanisme qui constituent un danger pour la santé et la vie des citoyens. Nous rappelons dans ce cadre que le code pénal, les lois 08-12, 131-13 et la responsabilité médicale interdisent formellement et sanctionnent toute pratique d’acte médical non autorisé. Toutes les parties doivent veiller à préserver la santé des citoyens et optimiser l’exercice médical.

3. Nous réclamons la refonte de la convention AMO avec révision tarifaire et adoption d’un système de soins optimisé, basé sur les soins primaires et la prévention, organisé autour du médecin généraliste comme coordinateur.

Tout assuré social doit avoir son médecin traitant et respecter des filières de soins établies.

L’installation dans les déserts médicaux doit être encouragée et les caisses sociales doivent participer aux cotisations sociales des médecins.

Malgré l’amélioration continue de certains volets de l’AMO, nous demandons que soient levées toutes ses contraintes, tel le long délai de délivrance des prises en charge pour certaines pathologies chroniques. Ceci rend nécessaire la dématérialisation des flux.

Par ailleurs, le contrôle médical en l’absence de référentiel reste aléatoire est fait obstacle à la fluidité des dossiers. Bien que rare, la forclusion ne doit plus être inscrite dans la loi. L’ensemble faciliterait l’accès aux soins.

Pour rester en phase avec la convention de partenariat public-privé, signée devant le Roi en mai 2008, nous demeurons disposés à soutenir le ministère de la santé dans ses manques en ressources humaines via un système de volontariat des médecins privés.

Par ce même principe, nous réclamons également de recevoir dans nos cabinets et dans les cliniques privées, les patients relevant du Ramed via un protocole concerté.

Devant l’embrouillamini et l’incurie dans les prises de décisions politiques, nous exigeons la reconnaissance du travail du médecin libéral dans sa mission à utilité publique, et par là imposons de débriefer les autorités compétentes sur tous les problèmes posés à la profession médicale libérale ».

Les instances réunies le 20 septembre revendiquent enfin que soit mis un terme à « l’acharnement du fisc contre les médecins »: »nous sommes des contribuables comme tous les citoyens Marocains mais nous assurons une mission de service publique sans contrepartie en l’absence jusqu’à ce jour de couverture sociale assurance et retraite ».

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