L’élection de Mbarka Bouaida à la présidence du conseil de la région de Guelmim-Oued Noun, à l’issue d’une longue période de blocage, est un important événement qui a marqué de son emprunte la scène politique dans cette région en 2019 et relancé par ricochet plusieurs projets de développement en suspens.
Après le rejet du vote de la majorité des points à l’ordre du jour des sessions ordinaires et extraordinaires tenues par le conseil en 2017 et 2018, le ministère de l’Intérieur est entré en ligne en mai 2018 pour décider de la suspension des travaux du conseil en désignant une délégation spéciale chargée de la gestion des affaires courantes.
Une suspension qui a été prorogée d’une durée de 6 mois, à partir de novembre 2018, après l’incapacité des composantes du conseil régional à s’entendre sur des solutions aux problèmes qui ont provoqué ce blocage.
Le ministère de l’Intérieur, après avoir décidé cette suspension, avait formulé l’espoir de voir toutes les composantes du Conseil « procéder à une auto-critique afin de s’engager dans une nouvelle approche positive pour poursuivre le travail dans un climat empreint de solidarité effective et de coopération constructive, en privilégiant l’intérêt général aux considérations étroites ».
Les principaux aspects de dysfonctionnement du travail du Conseil de la région pointés du doigt par le ministère figurent le rejet de la majorité des points inscrits à l’ordre du jour des sessions ordinaires et celles extraordinaires tenues par le Conseil durant les années 2017 et 2018, ayant conduit à des perturbations et des blocages dans le fonctionnement normal des services relevant du Conseil de la région et à un retard non justifié dans la réalisation des projets approuvés par le Conseil, notamment ceux prévus dans le cadre des conventions issues du contrat-programme de développement intégré des provinces du sud.
Devant ce blocage, les partis politiques représentés au sein du conseil, sous la pression de la population et la société civile, ont relancé le dialogue pour tenter de trouver des compromis, étant donné que ce blocage avait un impact très négatif sur les chantiers et projets d’investissements prévus dans le cadre de ce contrat-programme.
Ces tentatives ont été couronnées par l’élection de Mbarka Bouaida, du Rassemblement national des indépendants (RNI), à la présidence du conseil le 5 juin 2019.
Cette élection, outre le fait qu’elle a permis la reprises des activités du conseil, a constitué un événement d’une grande symbolique à l’échelle nationale, en ce sens qu’elle a marqué l’accession de la première femme à la tête d’un conseil régional, comme l’illustration des progrès réalisés par le Maroc dans le domaine de la promotion des conditions de la femme et de la place de choix qu’elle occupe désormais sur la scène politique nationale.
Juste après son élection, Mbarka Bouaida a exprimé l’espoir de voir le conseil ouvrir une nouvelle étape pour la satisfaction des aspirations de la population locale et la mise en oeuvre rapide des chantiers programmés dans les domaines économique et social.
Elle s’est engagée à œuvrer pour drainer davantage d’investissements, pourvoyeurs de richesses et d’emplois, et accélérer la réalisation des projets dont la voie express Tiznit-Laâyoune, invitant les élus et les pouvoirs publics à travailler la main dans la main et à se mobiliser pour réussir le chantier royal de la régionalisation avancée.
« Cette région enregistre un besoin remarquable en termes d’infrastructures et de projets capables de répondre aux attentes des citoyens et créer des postes d’emploi », avait-elle déclaré, soulignant que le Conseil de la région s’est fixé un certain nombre d’objectifs, notamment la création de l’emploi, la préparation d’un bon climat des affaires pour attirer les investisseurs et accélérer le rythme de réalisation d’un nombre de projets structurants.
« Nul besoin de parler de développement sans investissements et des infrastructures modernes », a-elle relevé citant à titre d’exemple le projet de voie express Tiznit-Laâyoune, qui reliera la région de Guelmim-Oued Noun à d’autres régions du Maroc et auquel le conseil régional a débloqué une enveloppe de 250 millions de dhs.
Elle a ajouté que le conseil régional a mobilisé 90 pc de ses budgets de 2019 et 2020, adoptés en octobre dernier, pour les investissements et le renforcement des infrastructures.
Selon Bouaida, le renforcement de l’attractivité économique de la région passe aussi par la promotion de ses atouts touristiques, rappelant dans ce cadre l’ouverture d’une nouvelle aérogare à Guelmim et les discussions entamées avec plusieurs compagnies aériennes pour desservir cet aéroport.
Outre ces projets d’infrastructures, le plan régional d’aménagement du territoire, et qui constitue le document de référence définissant les choix de l’aménagement territorial, est resté en suspens durant la période du blocage des travaux du conseil régional.
Mais juste après l’élection de Mbarka Bouaida, ce projet a été adopté lors d’une session extraordinaire, au même titre que le programme de développement régional qui a arrêté 31 projets répartis sur des domaines prioritaires pour le développement de cette région, dont les infrastructures et l’équipement (5 projets), l’économie et l’attractivité (10 projets), le domaine social (8) ainsi que l’environnement et la culture (8 projets), pour un coût global de 8 milliards de dhs.
Ces projets visent à donner une forte impulsion à la dynamique de développement régional, à travers le lancement de grands investissements dans les domaines du tourisme et les produits du territoire, de la santé, de l’enseignement et de la formation professionnelle, l’auto-emploi, la généralisation de l’électrification rurale et de l’assainissement liquide, la protection des ressources halieutiques et la lutte contre la désertification et la valorisation du patrimoine culturel.