Economie

PLF2020: l’IS sur les hôtels devrait passer à 20%

En 2019, les avantages fiscaux en matière d’IS (taux réduits, exonérations…) ont coûté à l’Etat près de 5 MMDH. Si la dynamique d’incitations se poursuivra l’année prochaine, et sera même renforcée pour le secteur industriel, une disposition du PLF 2020 a prévu un relèvement du taux réduit de l’IS (de 17,5 à 20%) pour plusieurs secteurs.

Sont principalement concernés les établissements hôteliers et d’animation touristique (article 19-I-A du PLF) avec l’objectif d’arriver à terme à trois taux d’IS, dont le taux médian serait de 20% (et les autres, 10% et 30%).

Hausse de l’IS égale augmentation des tarifs des chambres d’hôtels

Appelé à réagir, un représentant de la fédération nationale des industries hôtelières (FNIH), requérant l’anonymat, affirme que cette augmentation va pénaliser et ralentir le décollage de notre secteur.

Selon lui, le timing de cette mesure est incompréhensible sachant que les hôteliers ont déjà dû faire face récemment à la faillite du T.O. Thomas Cook qui les a privés de nombreux clients et qui leur a laissé une grosse ardoise impayée.

Décidé à faire annuler son adoption, il pense qu’en cas d’échec, la profession concernée n’aura d’autre choix que de répercuter la hausse fiscale sur la facture des clients ce qui ne manquera pas de brider la compétitivité du Maroc à l’international.

Une augmentation suggérée par l’UE ?

Sollicité également, Jalil Benabbès-Tâarji, président de l’Association nationale des investisseurs touristiques (ANIT) avance que cette mesure fiscale est plus ou moins compréhensible dans certains cas mais pas dans l’hôtellerie marocaine où il n’y a pas de concurrence directe avec les hôtels européens.

« Le relèvement du taux de l’IS appliqué aux exportateurs et assimilés peut se justifier par la pression exercée par l’Union Européenne sur notre gouvernement.

« Ce qui est en revanche regrettable, c’est que l’hôtellerie marocaine en fasse les frais alors qu’elle n’est pas concernée par les considérations de concurrence fiscale déloyale vis-à-vis de nos confrères européens. Ainsi, les hôtels de Marrakech ou de Casablanca ne concurrencent pas, ni de près ni de loin, ceux de Paris, Milan ou Bruxelles.

« Les fiscalistes de la CGEM l’ont très bien compris mais il faudrait maintenant que les Finances, la DGI et les députés le comprennent.

« Selon moi, le taux de 17,5% et plus exactement l’abattement de 50% sur le taux normal mérite donc d’être maintenu pour les hôteliers », affirme le patron du groupe hôtelier Tikida qui espère que son message sera entendu lors du vote de cette disposition au parlement.

Il reste donc espérer qu’il n’y aura pas de répercussion sur les prix des nuitées car la concurrence n’attend que cela et que cet argument fait souvent la différence pour les touristes étrangers.

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