Saoudi El Amalki
La capitale du Souss abrite en son sein, de fins talents qui foisonnent à profusion. On en aura l’embarras du choix parmi cette grappe du bel éventail dont s’enorgueillit toute la région en fleur. Néanmoins, il y a parmi cette gerbe qui émerge du lot, une lumière fluorescente dont l’éclat ne cesse pas de s’illuminer. On citera le flambant Docteur Omar Halli, érudit de haute polyvalence en littérature, mais aussi en art et culture sous leurs multiples formes. En étant président de l’université Ibn Zohr, Omar ne fut guère un gestionnaire administratif gérant la mission qu’on lui a assignée, mais surtout un créateur tout au long de ses deux mandats à la tête de l’immense structure universitaire…
Tout en s’acquittant à merveille de la tâche de supervision afférente aux constructions et aux réaménagements des établissements, choses qui relèvent d’autres compétences, il excelle à ravir, en matière de relationnel tant au niveau du staff professoral, administratif que surtout du peuple estudiantin. L’attitude radieuse et l’humeur hilare, empreintes d’humour jovial, Omar se convertit vite en sériosité appliquée, dès que le contexte s’y prête par moments. Il se fait respecter par son entourage pluriel et ses nombreux partenaires avec lesquels il se comporte hardiment fort bien dans la clarté limpide…
En laborieux bûcheur assidu, Omar brille de mille feux dans l’univers associatif où il s’est forgé un éloquent passage dans la musique populaire avec la troupe « Jouala », relevant de l’association théâtrale d’« Anouar Souss ». De même, il s’est investi corps âme dans le 7ème art, à travers les défunts ciné-clubs et le théâtre universitaire international dont il fut l’un des éminents fondateurs et instigateur de taille. Aux origines safiotes, Omar débarquait très tôt dans le chef-lieu de la région Souss Massa, s’habituait aussitôt à ses traditions locales et conquérait les cœurs des « fils du bled », de par sa humilité et sa cordialité à leur égard, en évoquant la citation amazighe qui lui tient tant à : « C’est avec la pierre du bled qu’on peut construire ! ». Issu d’une famille progressiste, plus précisément sa mère, une fervente militante de gauche, Omar Halli, après s’être « mêlé » dans une entité partisane qui n’a jamais été celle de ses racines, s’est carrément abstenu de mener une carrière politique juste après…
En guise de reconnaissance et d’estime à cet ardent personnage, on a envie de lui offrir un bouquet de Jacaranda, une fleur chère à feu Abdelkader Ababou, la regrettée sommité de l’art dramatique du pays, tout en lui dédiant un extrait du célèbre alexandrin intitulé « Les yeux d’Elsa », du poète français Louis Aragon :
Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé
