Economie

Renault déterminé à clore définitivement l’ère Carlos Ghosn

Déterminé à clore définitivement l’ère Carlos Ghosn, le constructeur automobile français Renault s’apprête à remplacer son directeur général Thierry Bolloré, lequel défend toutefois son bilan et a dénoncé jeudi « un coup de force inquiétant ».

« La brutalité et le caractère totalement inattendus de ce qui est en train de se passer sont stupéfiants. (…) Ce coup de force est très inquiétant », affirme Bolloré dans un entretien diffusé à la veille d’une réunion du conseil d’administration de Renault qui doit se prononcer sur la gouvernance du groupe présidé par Jean-Dominique Senard.

De sources concordantes, c’est bien le départ du directeur général qui s’annonce vendredi, dernier rebondissement de la tentaculaire affaire Ghosn. « L’enjeu, c’est de discuter de l’avenir de Thierry Bolloré », a indiqué à l’AFP une source proche de l’entreprise.

Une autre source au fait du dossier était plus explicite: « Soit il démissionne, soit il est révoqué », a-t-elle expliqué, précisant que la réunion commencerait à 08H00. La date du départ doit encore être discutée; la recherche d’un remplaçant n’a pas encore été lancée et une nomination devrait être envisagée pour assurer l’intérim, a précisé cette source.

Ce départ intervient alors qu’un renouvellement du management du partenaire japonais Nissan, dont Renault détient 43 %, a été décidé cette semaine pour écarter les principaux dirigeants de l’ère Ghosn qui étaient aussi ceux ayant dénoncé à la justice japonaise les errements présumés du dirigeant franco-libano-brésilien.

Un nouveau directeur général, Makoto Uchida, 53 ans, a été nommé mardi, en remplacement de Hiroto Saikawa.

Depuis l’éclatement de l’affaire Ghosn, les relations entre le management français et japonais étaient exécrables, menaçant la survie de l’alliance, qui inclut aussi Mitsubishi et était devenue l’an dernier le premier constructeur automobile mondial en nombre de voitures vendues.

Des voix se sont élevées au Japon pour réclamer la tête de Thierry Bolloré.

Interrogé par l’AFP après la diffusion jeudi de l’interview de Bolloré, le ministère de l’Economie français a répondu: « Nous faisons confiance à Jean-Dominique Senard pour proposer au conseil d’administration les décisions nécessaires pour mettre en oeuvre la stratégie de l’alliance et de Renault soutenue par l État actionnaire ».

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