Par Saoudi El Amalki
Décidément, on ne cessera jamais d’être envoûtée par les œuvres délectables de l’artiste-peintre, Samira Aït Lamaalem. A admirer ses trouvailles raffinées, lors de ses retrouvailles avec un public fasciné à souhait, on est plutôt en face des toiles dont les cajoleries veloutées du pinceau se faufilent dans les sensations égayées. Avant d’être créatrice de couleur et de mouvement, Samira est tout d’abord une femme et une féminité. Elle se meut et s’émeut, en tant que telle, au ton parfois rebelle, mais à la tonalité constamment belle.

La notion du «féminisme» idolâtré est hardiment saisissante dans son texte pictural, sans hystérie ni hantise vis-a-vis de la masculinité côtoyée. Le philosophe et compositeur allemand, Philippe Forget disait un jour à ce propos « Les femmes sont belles et certaines le sont plus, mais c’est la féminité présente en chacune d’elles qui fait qu’elles sont si spéciales ! ». Samira en est une, sans nul doute, par la pureté féminine qu’elle se confine et se répand sans compter dans le plus fin détail de ses gracieuses productions.
Récemment encore, elle se glorifie gaiement de tirer du répertorie de son éloquente ribambelle, une joaillerie datée de 2017, sur les réseaux sociaux. Un régal sans égal aux traits cristallins et aux contours en écumoire où trônent en chevauchées princières, des femmes en transe. L’aspect abstrait qui enveloppe à outrance le filigrane féministe, ne faisait que mettre en valeur la prééminence de la descendance d’Eve, aussi percutante que ferait résonner l’explosivité imagée de l’œuvre en phosphorescence. L’aura de Samira dans la diversité sémantique et la fluidité esthétique de la toile, réside en la fécondité féminine qui flamboie à de rythmes galopants pareil au mustang de la prairie. Le pétillement de la femme dans ses chefs d’œuvre n’ont d’égal que la musicalité chuintante qui aurait l’air de déborder sur la marie-louise du tableau, tout feu tout flamme.
La lecture riche en symboles dont la femme occupe, avec la pugnacité sagace de l’auteur, une place de choix, ne prêtera jamais à la passivité du récepteur, mais sous l’effet captivant de la sonorité et le désir ardent de la mise en intimité magique de l’art sensuel. En fait, Samira a l’aptitude de se mettre en soliloque pour obtempérer à l’exigence du pouls de son enfantement, avant de se confier au grand public, en dialogue jubilatoire de communion. « L’art n’est pas là que pour faire plaisir, mais aussi pour déranger, questionner, émouvoir, remuer », pouvait dire Philippe Besson, le dramaturge-scénariste français, dans ce sens. Samira provoque, interpelle, se rebiffe…Elle n’aime pas se contenter de l’établi, du convenu, du figé…Et c’est ce qui fait d’elle une femme spéciale, une artiste d’exception !