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Souss Massa: L’art berbère et le tourisme rural

L’art berbère s’exprime essentiellement dans l’ornementation d’objets usuels (poteries, meubles, tissus, bijoux, tapis, etc…). Il se caractérise particulièrement par des décors géométriques linéaires variés (losanges, triangles, damiers, chevrons, lignes brisées pectinées ou ciliées) qui ont une signification.

A côté de ces motifs communs à la poterie, au tissage et même aux tatouages, on trouve des décors sculptés en champlevé dans le bois des coffres à vêtements, des portes, des faîtages et des grands piquets des tentes. Cet art est également présent dans l’architecture dont les réalisations les plus originales sont les greniers collectifs fortifiés qui servaient à abriter les réserves de nourriture et portent le nom d’ighrem, d’Agadir (Agadir au pluriel igoudar). Ce terme berbère a donné son nom à la ville d’Agadir au Maroc. Ce type de construction se présente sous forme d’une grande forteresse entourée d’une muraille et de tours de guet.

Or, cet art est méconnu au Maroc malgré qu’il soit extrêmement ancien et témoigne d’un savoir faire architectural remarquable. Ce patrimoine architectural (les portes, les murs, les tours, l’extérieur des demeures) est l’expression d’une civilisation berbère. Il recèle un potentiel touristique qui mérite d’être exploité afin de donner un attrait supplémentaire au paysage pour attirer les visiteurs internationaux admirateurs de cette architecture unique et à la recherche d’un dépaysement total. L’exploitation touristique (le tourisme rural) est sans doute l’un des moyens les plus appropriés pour assurer la sauvegarde de ce patrimoine et contribuer à redynamiser le développement économique du monde rural. Elle permettra de faire connaître cet art authentique, qui tend à disparaître, au niveau national et international.

Il appartient aux hommes de rendre intéressants et accueillants les lieux où ils vivent. Telle commune qui semble aujourd’hui dépourvue de tout intérêt touristique deviendra un point d’attraction ou au moins un objet de visite ou de halte. C’est ainsi que plusieurs villages français de régions déshéritées du Midi de la France, pauvres et abandonnés, ont finalement été découverts par des touristes séduits justement par leur aspect archaïque, leurs maisons moyenâgeuses, leurs rues de terre battue (exemple de Peyruis).

La maîtrise de ce développement appelle une mise en place d’une véritable stratégie s’appuyant sur des démarches et approches participatives et de partenariats auxquelles les institutionnels, les professionnels et toute la société civile concernée sont appelés à collaborer.

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