Si les précipitations enregistrées cette année à Souss-Massa ont permis le remplissage à nouveau des principaux barrages, le besoin de la région en ressources hydrauliques est constant vu son intéressante activité agricole, d’où la nécessité de solutions alternatives à l’instar de dessalement d’eau de la mer .
Depuis son lancement en novembre 2017, l’objectif de la Station de dessalement de Chtouka-Aït Baha était de sécuriser l’irrigation de 15.000 ha, soit 1.300 exploitations agricoles, par le dessalement de l’eau de mer en substitution à l’eau souterraine.
Dès lors, une dynamique sans pareil a vu le jour sur de divers niveaux et en coordination avec l’ensemble des parties prenantes, ce qui a permis la signature de conventions nécessaires et la publication des lois et décrets encadrant ce projet d’envergure.
Ce projet va de pair avec les objectifs du Programme National pour l’Approvisionnement en Eau Potable et l’Irrigation 2020-2027, lancé par SM le Roi Mohammed VI, pour une enveloppe de 115,4MMDH et qui vise notamment, l’accélération des investissements dans le secteur de l’eau pour renforcer l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation ainsi que la résilience de face aux aléas et dérèglements climatiques.
En février 2020, le Souverain avait procédé au lancement des travaux de réalisation du réseau d’irrigation à partir de la station de dessalement d’eau de mer, d’une superficie de 20 ha et située à 40 Km au Sud d’Agadir sur un site côtier au nord de la localité de Douira au niveau de la Commune Inchaden.
Ce grand chantier, qui est le fruit d’un partenariat public-privé, a pour principaux objectifs l’alimentation en eau potable du grand Agadir du fait de l’insuffisance de l’offre des ressources conventionnelles, et la sauvegarde de la nappe phréatique (déficit annuel des ressources souterraines estimé à 90 millions de m3).
« Le taux d’avancement des travaux de construction de la station est de l’ordre de 93% », a indiqué Noureddine Kessa, directeur régional de l’agriculture à Souss-Massa, faisant état dans ce cadre, de l’achèvement de toutes les opérations d’approvisionnement et de montage des équipements.
“L’ensemble des ouvrages et équipements de prétraitement et de traitement ont été transférés aux équipes d’exploitation et les essais de mise en service ont atteint un taux d’environ 45% et sont actuellement au stade d’osmose inverse – ligne eau potable”, a relevé M. Kessa.
Pour ce qui est des travaux de génie civil, note le responsable, les opérations sont en cours d’achèvement concernent la protection des talus et des berges ainsi que l’aménagement des voiries au sein de l’enceinte de la station.
La composante réseau d’irrigation, quant à elle, enregistre un avancement global de 71%, selon le directeur régional de l’agriculture qui fait remarquer que les travaux de pose des conduites du réseau ont atteint un linéaire de 400 km au moment où ceux du raccordement des exploitations souscrites sont en cours.
D’un coût global de 4,41 milliards de DH, dont 2,35 milliards de DH pour la composante irrigation et 2,06 MMDH pour l’eau potable, ce chantier d’envergure, premier du genre en Afrique, se veut ainsi un projet pour endiguer l’inexorable déficit hydrique et offrir une nouvelle alternative en matière de ressources en eau.
Ce projet consiste en la réalisation d’ouvrages marins (deux conduites d’amenée de 1.100 ml de longueur chacune équipées de tours de prise, un émissaire de rejet de 660 ml de long avec diffuseur), d’une station de dessalement et d’infrastructures d’irrigation (réservoir de stockage, 5 stations de pompage, adducteur principal 22 km et réseau de distribution 489 km).
La mise en service de l’unité de dessalement, produira un premier temps 275.000 m3/jour à raison d’un débit de 150.000 m3/jour d’eau potable et d’un débit de 125.000 m3/jour d’eau d’irrigation. Ses installations permettront à terme une capacité totale de 400.000 m3/jour qui devrait être partagée équitablement entre l’agriculture et l’eau potable.
Dans le cadre des solutions alternatives pour remédier au manque en ressources hydrauliques à Souss-massa, SM le Roi avait inauguré en 2009, le projet de sauvegarde de la zone agrumicole de Sebt El Guerdane, dans la province de Taroudant, d’un investissement global de 987 millions de DH ayant pour objectif de faciliter l’accès à la ressource hydrique pour 600 exploitations (370 agriculteurs) dotées de mécanismes d’irrigation localisée dans le périmètre d’El Guerdane.
Fruit d’un partenariat entre le Fonds Hassan II pour le développement économique et social, le concessionnaire Amensouss et les agriculteurs bénéficiaires, ce programme assure l’irrigation de 10.000 hectares d’agrumes à travers le transfert d’un volume d’eau annuel de 45 millions de m3 à partir du complexe hydraulique Aoulouz et Mokhtar Soussi, ce qui a permis d’assurer une dotation de 4.000 m3/ha/an durant la campagne agricole.
A ce titre, les travaux ont porté sur la mise en place d’une conduite d’eau au niveau du barrage d’Aoulouz, d’un canal et d’autres ouvrages hydrauliques sur un linéaire de 90 km, ainsi que la réalisation d’un réseau de distribution d’eau d’irrigation en conduites sous pression sur 300 Km de long environ.
Le projet a créé 11.000 postes d’emploi et plus de 10.000 emplois saisonniers et l’augmentation de la production d’agrumes de quelque 40.000 tonnes, pour atteindre 255.000 tonnes. Ce qui a permis une hausse de 35 % du volume des exportations.