Par Saoudi El Amalki
Notre pays commémore aujourd’hui, le prestigieux événement de la révolution du Roi et du Peuple. Une épopée qui se perpétue, il y a 67 ans, dans le faste et la gloire, mais également la méditation et la transcendance d’une nation vouée de tout temps, à se surpasser face à l’effroi des circonstances.
Cette alliance stoïque sans précédent qui apparie les liens de communion entre l’entité Auguste de la Monarchie et la diversité Fidèle de la Société durant des siècles, ne s’effiloche jamais devant l’Adversité. Elle s’insurge contre le joug colonial, sous toutes ses formes, se révolte en flamme quand on destitue Feu Mohamed V et on marche en rébellion pacifique vers son Sahara. Notre Nation est dépositaire d’histoire glorieuse, signataire de pacte solennel et héritière de legs de pérennité dans le même esprit de Révolution du Roi et du Peuple.
Aujourd’hui, la Révolution se poursuit à bâtons rompus, dans les méandres de la vie contemporaine. Le Roi et le Peuple, les deux acteurs, éternellement liés par les fibres de l’allégeance, s’embarquent de nouveau dans l’unicité, sur la nef du développement, tous azimuts. Durant le parcours de la libération et de l’intégrité territoriale, ils se sont tissés une âme de marbre pour affronter les colons, forgés une force de roc afin de subsister contre vents et marées et munis de patriotisme en vue de récupérer les terres spoliées. Le Roi et le Peuple, unis pour le meilleur et le pire, ont alors acquis une expertise séculaire des nations solidement pétries dans les dédales des grandes épreuves. Ils avaient une énorme conscience de mener à bien toutes ces tribulations, sans nulle désunion ni aucun fléchissement. Leur triomphe, à chaque fois, est fortement poinçonné sur le front des générations, marquées de sang et d’honneur.
Cette conscience aiguisée qui germe, à chaque instant, dans la vie de la Nation, fortifie la flamme d’appartenance et noue davantage les cordons inébranlables de l’existence. Et la Révolution réussit tant que la conscience naît et éclot dans les veines. Victor Hugo, l’illustre romancier du 19ème siècle disait un jour : «Il ne peut y avoir révolution que là où il y a conscience ». Le Maroc en avait bel et bien à revendre, cette conscience qui lui permettait, à coup sûr, la gagne, non sans éclat, de ses Révolutions. En a-t-il suffisamment pour remporter la victoire sur les carcans et les écueils actuels ? Il ne fait pas de doute que, depuis ses prouesses nationales menées tambours battants, par les récentes ascendances, il met beaucoup de temps à décrocher l’épisode du développement, à renouer avec le bien-être des populations et la prospérité de ses territoires.
Il titube, chavire, sombre dans nombre de mors qui handicapent encore son expansion. Il faudrait, sans nul doute, impulser une nouvelle conscience qui, à son tour, ne manquera pas d’insuffler la Révolution Sociale, Économique et Culturelle…C’est ainsi qu’on rendra un vibrant hommage à l’illustre égérie de la Révolution du Roi et du Peuple depuis son enclenchement en mars 1953.