Chronique

A vrai dire: Le mea culpa du PAM !

Par Saoudi El Amalki
La version du Parti d’Authenticité et de Modernité (PAM), arborée aujourd’hui, par son nouveau secrétaire général, Maître Abdeltif Ouahbi, se confesse sur l’autel du repentir. Un fait innovant dans les annales de la vie politique du pays, souvent indisposé à la confession, devant ses déroutes à mi-chemin ! Son mea culpa est sans appel, au point de se faire pardonner de ses «impairs» auprès de ses «pairs».
Cruellement «abaissé» à essuyer les déboires de la mission dont il s’était chargé par ses «procréateurs», il s’empressa de se faire une «virginité» partisane escomptée. Sa nouvelle mue en gestation tente d’entreprendre, à la veille de la prochaine série d’élections, l’ablation de sa «dysplasie cellulaire», incorrectement constituée en parti, lors de sa «préfabrication» en 2008. Au fil du temps, il s’avère qu’au lieu de contenir l’ascension fulgurante du PJD, comme il était consigné, le PAM n’a fait qu’ancrer une emprise islamiste sur quasiment la totalité du royaume. Il ne fait donc pas de doute que le cuisant revers de cette flopée de notabilités, truffée d’ex enflammés du Grand Soir, eut l’effet de bombe dans ses rangs ébouriffés.
Faudrait-il à présent, continuer à honnir la discordance de ce parti qui a fortement éclaboussé le champ politique national ? La pénitence publique dont le chef de file se fait infliger, suffirait-elle de croire en son intention cathartique ?
« La politique est l’art du possible ! »,  avait bien dit Léon Gambetta, au 19 ème siècle pour justifier son approche éprise de pragmatisme, quoiqu’elle soit jugée d’opportunisme, par ailleurs. Certes, il est encore prématuré de juger ce volte face d’un parti dont les « accointances » avec l’Autorité n’est pas un secret pour personne.
Cependant, il n’en demeure pas moins vrai que les sorties publiques de sa nouvelle direction laissent prédire des « ruptures » avec ce passé lugubre. « Il ne faut jamais insulter l’avenir ! », a-t-on toujours l’habitude de dire en pareille circonstance. La construction de l’élite politique ne saurait tolérer d’animosité ni d’exclusive mais n’admet pas non plus ni mainmise ni « soudoiement parrain ». En fait, la balkanisation partisane reste une gabegie exaspérante que traîne le pays, depuis que l’Etat gouvernant s’y ingère pour en défigurer la carte et la tâche.
Le PAM est, sans nul doute, censé s’en démarquer pour décrasser son image «souillée» par l’hybridisme sordide. Or, il vient, peut-être, de donner un signe des plus patents, dès lors qu’il signe le prélude retentissant du mémorandum présenté récemment par les trois partis d’opposition, consacré aux élections. Un préambule fort en procès de la situation politique actuelle du pays et en défis à relever pour des lendemains meilleurs… On se souvient, il y a environs dix ans, le PPS avait mis la main dans celle du PJD pour former l’exécutif, au lendemain de l’adoption de la nouvelle loi extrême. Ce rapprochement jugé contre-nature, fut considéré comme un « blasphème » à la nature idéologique des deux « alliés ». Pis encore, le parti du livre a subi toutes les foudres des intervenants de la classe politique, de s’être soustrait froidement  de ses convictions et «ingurgité» par le courant conservateur.
Cependant, il est à noter que cette alliance «hétéroclite» qui s’était fondée sur des dispositions de la charte commune, se heurtait à des embûches d’ordre comportemental qui n’ont rien à voir avec des considérations idéologiques. Et puis, c’est le «divorce», sans que les principes du PPS n’en soient pas affectés, car il croit profondément à la Révolution Nationale Démocratique (RND) et se montre ardemment prêt à s’allier avec toute force prédisposée à contribuer à édifier ce projet de société.

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