Chronique

A vrai dire: Se cramponner au confinement !

Par Saoudi El Amalki
Il est bien clair que les mesures de prévention prises prématurément au Maroc, ont ralenti la propagation du virus d’une façon notoire. Dès la toute première contamination confirmée, au dix mars dernier, notre pays entamait une série progressive de démarches, à commencer par la fermeture nette du trafic aérien face aux différentes dessertes de la planète. Une décision draconienne qui aura impacter, à coup sûr, l’économie nationale, notamment le secteur du tourisme.
D’autant plus que les contagions provenaient, en fait de l’extérieur, là où la pandémie était déjà propagée, à grandes enjambées. Cette anticipation décisive, encline à cadenasser le ciel de sitôt, freinait, à priori, l’avalanche endémique qui puait rapidement l’enceinte européenne. Il s’est avéré que cette prudence allait, au fil des jours, atténuer la profusion du virus pour maintenir sa stagnation, au moment où il explosait ailleurs. Par la suite, chemin faisant, notre pays débitait une panoplie de tentatives à mettre en fonction dont la plus en vue fut l’état d’urgence.
L’application de cette approche, foncièrement résolue mobilisait les forces de l’ordre sur le territoire du royaume. Une besogne à risque puisqu’elle mettait les citoyens en affront avec les agents d’Autorité, en particulier des petits commerces informels de la rue. En dépit des cas séparés, relevés par-ci, par-là, cette opération fut globalement suivie aussi bien dans les milieux urbain que rural. Toutefois, cette distanciation sociale qui privait le « petit peuple » de son gagne-pain au quotidien, allait forcer la mise en avant des prédispositions alternatives relatives à indemniser en grand nombre, toutes les franges de société manifestement touchées par la privation occasionnée par ce fléau.
Il va sans dire, en toute objectivité, que l’Etat suivait de très près et avec grande lucidité, l’évolution de la crise, sous toutes ses formes, tant au niveau central que régional. Les volets clés de cette synergie, à savoir la Santé, l’Autorité, l’Education et la Finance se déploient à merveille pour enrayer, dans l’harmonie absolue, la maudite hécatombe. La conjugaison de ces quatre piliers  auxquels se greffent aussi d’autres  facteurs, notamment la campagne de sensibilisation et d’assurance dont se chargent les multiples médias, font installer foncièrement la Confiance et l’Unité nationales.
Cet élan collectif qui se confectionne à grande échelle, à travers les divers dédales de la vie sociale, témoigne visiblement et sans ambages, d’une accointance manifeste entre toutes les constituantes de la Nation, entre les gouvernants et les gouvernés. Certes, sans se montrer trop présomptueux ni trop verser, non plus, dans le triomphalisme béat, on ne saurait encore s’assurer du sort de la pandémie ni du temps qu’il en faudrait  pour se passer de l’internement.
Il est bien évident que la recherche dans le domaine de la santé, comme dans les autres champs d’épistémologie, relève des sciences exactes. Mais, comme disait, Edgar Morin, le sociologue français « la crise apprend à mieux comprendre la science et à vivre avec l’incertitude », le doute est maître de la situation. Loin de tomber dans une optique dogmatique, on ne pourrait alors se fier à l’absolu, même si, théoriquement on devait partir des données qui peuvent paraître fiables, comme laissait entendre le philosophe autrichien Karl Popper en confirmant qu’une « théorie scientifique n’est telle que si elle est réfutable ».
Ce qui explique le grand débat de divergence d’opinion des scientifiques autour du médicament de la chloroquine entre Dr Didier Raoult et ses collègues, à travers le monde. Il convient donc, puisque rien n’est sûr, de continuer à s’agripper aux mesures préventives et restrictives dont on ne fait que mesurer l’efficience plausible !

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