L’avionneur américain a annoncé la suspension de la production de son avion vedette dès janvier 2020. Il ne prévoit pas de suppression d’emplois.
C’est la fin pour le 737 Max. Lundi 16 décembre, le constructeur aéronautique Boeing a annoncé qu’il allait suspendre la production de son 737 MAX, cloué au sol depuis neuf mois après deux accidents meurtriers. L’avionneur américain dit avoir évalué « continuellement » ses plans de production en cas d’immobilisation prolongée du MAX. « À la suite de cette évaluation continue, nous avons décidé de donner la priorité à la livraison des avions stockés et de suspendre temporairement la production du programme 737 à partir du mois prochain », a-t-il indiqué dans un communiqué, ajoutant qu’à ce stade il ne prévoyait pas de suppression d’emplois. « Nous pensons que cette décision perturbe le moins le maintien du système de production à long terme et la santé de la chaîne d’approvisionnement », a néanmoins commenté Boeing, qui contribue grandement à l’économie américaine.
Cette décision, prise au cours d’une réunion lundi, est motivée par un certain nombre de facteurs, a de plus expliqué l’avionneur, notamment l’incertitude concernant le calendrier et les conditions de remise en service de l’appareil ainsi que les approbations relatives à la formation des pilotes à l’échelle mondiale. « Nous continuerons d’évaluer nos progrès en vue de la remise en service (du MAX) et de prendre des décisions quant à la reprise de la production et des livraisons en conséquence », poursuit Boeing.
La sécurité est la priorité
Il rappelle que sa priorité reste la sécurité. Boeing avait indiqué en octobre qu’il réfléchissait à suspendre ou à réduire la production du 737 MAX alors que les exemplaires s’accumulent dans son usine américaine de Renton, près de Seattle. Bien que son avion vedette soit interdit de vol depuis neuf mois à la suite de deux accidents, l’avionneur américain avait poursuivi jusqu’alors sa production.
Après l’immobilisation de toute la flotte, Boeing avait décidé de réduire les cadences de production pour les faire passer de 52 à 42 appareils par mois. « Nous continuons de travailler étroitement avec la FAA (le régulateur américain, NDLR) et les régulateurs du monde entier pour sa remise en service en sécurité », avait indiqué un porte-parole après des spéculations dans la presse. « Nous continuerons d’évaluer les décisions relatives à la production en fonction du moment et des conditions de remise en service, lesquels seront fondés sur les approbations réglementaires et pourront varier selon la juridiction », avait-il ajouté.
Aucune date de remise en service n’est pour l’heure avancée. Et le régulateur américain, la FAA, qui a été vertement critiqué dans le processus de certification, martèle qu’il ne donnera pas son assentiment avant d’être assuré que les correctifs apportés à l’appareil assurent une sécurité maximale. La décision de clouer au sol les 737 MAX avait été prise par les autorités du monde entier après l’accident d’un exemplaire de la compagnie Ethiopian Airlines qui a fait 157 morts le 10 mars dernier. Cette tragédie est survenue moins de cinq mois après l’accident meurtrier d’un 737 MAX de la compagnie indonésienne Lion Air, fin octobre 2018, qui avait tué 189 personnes dans des conditions similaires. Dans les deux catastrophes, le système antidécrochage MCAS a été mis en cause. L’action de Boeing a perdu 4,3 % lundi en séance officielle.