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Laftit impose le couvre-feu à la presse, et se met sous le feu du Syndicat

L’Union internationale des journalistes et des compétences (UIJC) marocains a envoyé une correspondance au ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, à propos de l’interdiction des journalistes d’exercer leurs fonctions pendant la nuit durant ce mois de Ramadan. La décision de l’Intérieur d’imposer le couvre-feu nocturne quotidiennement de 19h du soir à 5h du matin concerne en effet tous les citoyens, avec quelques exceptions bien spécifiées dont les journalistes ne font pas partie.

Dans ce texte, le Syndicat, toujours présidé par Abdallah Bakkali, rappelle que le secteur des médias est considéré dans le monde entier comme prioritaire car il permet de produire de l’information en ces temps difficiles de pandémie mondiale. Le SNPM rappelle à juste titre que ces dispositions du ministère d’Abdelouafi Laftit contreviennent à l’article 28 de la constitution, qui dispose que « la liberté de la presse est garantie et ne peut être limitée par aucune forme de censure préalable. Tous ont le droit d’exprimer et de diffuser librement et dans les seules limites expressément prévues par la loi, des informations, des idées et des opinions… ». Or, aucun texte de loi, y compris celui portant sur l’état d’urgence sanitaire, ne mentionne l’interdiction à la presse d’exercer son activité.

Le SNPM s’insurge contre la décision du ministre et rappelle que rien dans le comportement des médias, tout au long de ce mois de confinement, ne justifie cet ostracisme, créateur selon le Syndicat de tensions inutiles. De plus, ajoute le SNPM, l’interdiction de circuler sous couvre-feu pour les journalistes n’est pas limitée dans le temps, et privera les citoyens d’informations sur la conduite de la lutte contre le virus par les autorités publiques.

Autre argument : interdire aux médias de faire leur travail les empêcherait également de couvrir des événements qui adviennent, sans relation avec la situation sanitaire, comme, précise le communiqué, les inondations qui ont dévasté récemment certaines villes du royaume. Cela aggravera la crise que vit le secteur qui se voit ainsi empêché d’exercer son activité et de continuer de vivre…

Enfin, L’association a ainsi exprimé son « rejet » de cette décision de l’Intérieur pour les professionnels de la presse, « étant donné le grand rôle des médias dans la surveillance de l’état d’urgence et la découverte des dérapages qui peuvent se produire au cours de ce processus »

En attendant une décision dans ce sens, le Syndicat affirme qu’il déploiera tous ses moyens et contactera toute personne susceptible de l’aider dans a démarche de faire revenir le ministère sur cette interdiction faite aux journalistes de faire leur travail.

Conclusion : M. Laftit a fait une erreur, il devrait la corriger, au risque de laisser les fake news envahir les réseaux et le gêner lui-même dans son travail…

 

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