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Le Maroc bientôt en panne de vaccins !

Par Said AMAZ

Le Maroc vient de recevoir un supplément de 500.000 doses du vaccin chinois Sinopharm. Une bonne nouvelle qui ne peut toutefois pas dissiper les interrogations autour des futures quantités et leur capacité à honorer l’échéance d’une immunité collective avant l’automne prochain.

Avec ses quatre millions de personnes vaccinées, dont plus d’un demi-million ont déjà reçu leur rappel, le Maroc fait figure de bon élève dans sa lutte contre la pandémie du Covid-19.

Toutefois, la campagne marocaine de vaccination, qualifiée d’exemplaire par l’Organisation mondiale de la santé, pourrait être bien plus longue que prévue si le stock des huit millions de doses reçues – qui ne compte plus que quelques dizaines de milliers de doses – n’est pas rapidement alimenté.

Or, la course mondiale aux lots de vaccins, avec les pays riches en tête, est telle que le scénario d’une incapacité prochaine du Maroc à accéder aux lots n’est pas exclue. En effet, la production mondiale des vaccins contre le Covid-19 devrait avoisiner 6 milliards de doses en 2021, selon le cabinet d’études de l’industrie pharmaceutique PharmSource cité par la presse américaine, alors même que la demande est trois fois plus élevée.

S’ajoute à cela les difficultés pour l’industrie pharmaceutique de s’approvisionner en matériels médicales indispensables à la vaccination, tels que les seringues ou encore les flacons dans lesquels sont stockés les vaccins, des détails pourrait-on penser mais qui ont une importance vitale.

Ce scénario remettrait en question l’objectif initial des 30 millions de Marocains, soit 80% de la population, vaccinés d’ici le mois de septembre. Le Maroc est certes parvenu à immuniser une partie de la population à risque et la plus vulnérable faisant miroiter l’espoir d’un retour rapide à la vie normal, mais le spectre d’un retour à la case départ plane sur les têtes.

Un moment critiqués pour le calendrier d’une campagne de vaccination confrontée en décembre à un premier échéancier impossible à respecter, les autorités qui aujourd’hui ont largement rattrapé leur retard se montrent méfiant dans leur communication. Impossible donc de savoir si officiellement l’approvisionnement sera assuré dans les temps, et surtout impossible de savoir avec certitude tout simplement parce que les responsables eux-mêmes sont dans l’incertitude. Une habitude depuis le début de la crise du covid.

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