Chronique

​L’Heure Hurlante : La France au Seuil du Vertige Historique

Le théâtre politique français n’est plus l’écho coutumier d’une joute partisane ou le frémissement passager d’un cabinet en déroute. Il est, à l’instant crépusculaire, le foyer incandescent d’une agitation existentielle qui excède la simple querelle des hommes. Ce qui se dessine, loin des brumes de l’habitude et sous la lentille acérée des augures informés, n’est point un coup de vent déviant la barre, mais la fracture tellurique d’un système. La Cinquième République, ce colosse institutionnel, voit ses assises profondes violemment secouées par un séisme dont les répliques, si elles se confirment, pourraient remodeler l’échiquier national pour une ère entière.
​Le Sommeil des Sentinelles et l’Ombre Portée
​Ce qui glace le sang des observateurs lucides, c’est l’amertume sidérée face au déni flagrant qui empèse les forces politiques établies. Ces archontes du système s’agitent comme si la crise présente n’était qu’une nébulosité estivale, promise à une dissipation rapide, refusant d’apercevoir la jonction fatidique qui lie cet effondrement politique subit à l’ombre lourde d’une tourmente économique et financière, spectre menaçant flottant à l’horizon. Cet aveuglement collectif confine au vertige : n’est-ce pas la folie que de fermer les yeux sur le tronc penché quand l’arbre entier menace la chute ?
​Le Paradoxe de la Chute et l’Écho de 1958
​Le déchirement le plus cruel de cette fresque réside dans la posture des nouveaux obligés de l’Élysée, ces héritiers du parti Les Républicains. Cette formation, jadis gardienne du sacerdoce gaulliste — philosophie qui exigeait l’élévation au-dessus de la fange partisane au profit d’un État fort et tutélaire — se vautre aujourd’hui dans la trivialité des mêmes pratiques. Elle s’enfonce avec une lenteur presque obscène dans le bourbier des tractations et des partages de dépouilles, ramenant la scène à un palimpseste anachronique : l’époque même que la Constitution de 1958 s’était jurée d’abolir. C’est un recul des aiguilles de l’histoire, un théâtre d’ombres où le bouffon côtoie le tragédien.
​La Faute Princière et le Tsunami Électoral
​Pourtant, la corde sensible, l’erreur la plus irréparable, est amèrement inscrite au passif personnel du Président Emmanuel Macron. Sa décision, l’an dernier, d’actionner l’arme foudroyante de la dissolution de l’Assemblée Nationale, ne fut point une simple audace tactique. Ce fut, peut-être dans l’ignorance de son onde de choc terminale, le dernier clou planté au cercueil de l’édifice. Par cet acte, assimilable à un « suicide politique involontaire », le chef de l’État a contribué, avec la complicité sidérée des partis incapables de lire la gravité du séisme, à ouvrir la dite du rempart au tsunami de l’extrémisme. Aujourd’hui, le courant incarné par Marine Le Pen se trouve à la portée d’une main de prendre les rênes du pouvoir au cœur battant du continent européen.
​Le Gouffre ou l’Aube ?
​La France, en cet instant, ne traverse plus une crise ; elle se tient, chancelante, au bord du gouffre d’une transformation historique qui menace d’achever un cycle pour en initier un autre, dont nul ne peut tracer les contours. Les élites, enlisées dans leur sommeil dogmatique, sauront-elles s’arracher à la torpeur avant que les rênes ne leur échappent définitivement ? Ou bien le rideau de fer est-il tombé sur l’ère du régime né en 1958, livrant la nation à des soubresauts violents d’une intensité inédite depuis des décennies ? L’air vibre, lourd, de cette question sans réponse.
A.karim Ghailane Chroniqueur

تعليقات الزوار ( 1 )
  1. Ah, quelle chronique édifiante sur notre France en pleine aube incertaine ! Lauteur nous plonge avec talent dans ce vertige collectif, ce gouffre historique où les élites semblent endormies, comme selles redoutaient le rideau de fer de 1958. On sourit à cette vision apocalyptique du bouffon et du tragédien dans ce palimpseste anachronique. Et puis, le tsunami électoral arrive, emmené par la corde sensible de M Macron, comme si la dissolution avait été le dernier clou planté dans un cercueil bien plus grand. Quelle ignorance ! Mais nest-ce pas là, en fin de compte, la comédie tragique qui se joue, où chaque acteur, hérétière du parti Les Républicains ou autre, participe au spectacle ? Lair vibre, certes, mais plutôt de la tristesse farce que de la peur réelle.hẹn giờ online

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