Saoudi El Amalki
Quand Sophocles, Anouilh ou Cocteau ont réédité la somptueuse tragédie grecque de la rebelle et vaillante Antigone, ils n’étaient peut-être pas sans savoir que leurs œuvres allaient reproduire des analogies en termes de bravoure et témérité contemporaines.
A priori à Agadir, on pourra s’enorgueillir d’en avoir, au moins une, dans le sens noble du vocable. Sans doute se serait-il agi de Zohra Makach, la toute laborieuse et non moins opiniâtre enseignante-chercheuse Amazigh de faculté de lettres et sciences humaines.
Magnanime, affable et farcie d’abnégation, cette femme ne se dérobe jamais de défier les plus après des entraves, sans geindre ni se rechigner face aux contraintes.
Son aura auprès de tout son entourage pluriel n’a en fait, d’égal que son ingéniosité à créer des modes d’accointance aussi bien avec tous les collègues que de génération d’étudiants qu’elle côtoyer au long de son parcours au service de l’université où elle exerce, de la profession pour laquelle elle se dévoue de toute son âme et la cause estudiantine que son focus ne cesse de s’intensifie, au fil des ans.
En effet, elle jouit d’une large estime au sein de tout ce beau monde, puisqu’elle se démène comme un beau diable et tient toujours un discours limpide et cristallin, du meilleur comme du pire, sans aucunement verser dans l’amalgame ni l’approximation.
Depuis déjà un bon bout de temps, elle se projette corps et âme à poursuivre la tâche ininterrompue du Festival International du Théâtre Universitaire d’Agadir (FTUA) dont elle assure avec brio et panache la relève.
A vrai dire, le succès de cette activité raffinée et exquise tient beaucoup à l’attitude de ce staff estudiantin, épaulé par une direction d’une disponibilité exemplaire et surtout de la conduite inclusive et marraine par le biais de laquelle se meut Zohra Makach envers son staff estudiantin.
Il a toujours fait grand plaisir de la voir se muer entre les groupes d’étudiants, murmurer une consigne ou un conseil, avec finesse et doigté, sans jamais se montrer ostensible à leur égard.
Par son trait de caractère rigoureux et cartésien, il n’hésite guère à devenir dans bien des cas, intransigeante sur les principes et valeurs, en défendant le justesse avec hargne, cran et décence. Antigone de la légende grecque s’est insurgée pour inhumer son bien-aimé frère malgré la menace. Antigone Amazigh, elle, a raison d’embrasser la défiance et de gagner le cœur de ses étudiants.
En guise de considération de cette icône rayonnante et souriante tel le belvédère des miradors chatoyants, on lui offrira un bouquet de coquelicot des vergers et du cresson bleu des bosquets, tout en lui dédiant ce beau quatrain de poète français, Paul Verlaine, intitulé « Chanson d’automne » :
Les sanglots longs
Des violons
De l’automne
Blessent mon cœur
D’une langueur
Monotone
Tout suffocant
Et blême quand
Sonne l’heure
Et je m’en vais
Au vent mauvais
Qui m’emporte
Pareil à la
Feuille morte