Par Saoudi El Amalki
Le penseur marxiste français, Louis Althusser disait un jour : «Rien n’est gratuit, tout a un sens!». Paraphant cette pensée philosophique, on dira également sans se faire contredire que ce qui se passe chez les séparatistes n’est nullement une question anodine, puisque c’est de la pure manipulation.
La montée au créneau des voix de l’opposition, surtout autour de la justesse de l’initiative liée à l’autonomie au Sahara, ne fait que resserrer, encore de plus belle, l’étau de l’isolement sur cette entité fictive. Le bistouri de la contestation interne est désormais mis sur le cou de cette créature qui n’a jamais fait l’unanimité chez les sécessionnistes. Les réprimandes fatales tombent tels des obus dans leur camp, dévoilant ainsi cette mainmise commanditée par la junte algérienne, des lustres durant et créant la torpeur au sein de l’opinion publique, d’autant plus que les déboires pleuvent de toutes parts, face à la solidité des thèses marocaines.
Celles-ci constituent maintenant le leitmotiv infaillible des nouveaux contestataires du Polisario qui considèrent la suggestion de l’autonomie dans les provinces du sud récupérées comme un espace de dialogue et de concertation. Une prise de conscience qui assène, en effet, un coup cinglant aux décideurs qui ne représentent guère l’ensemble des leurs et qui sème un tollé de taille dans les rapports aussi bien internes qu’externes. Pendant ce temps, le Maroc s’en va consolider son front intérieur, à travers l’instauration d’une nomenclature institutionnelle et le lancement des grands travaux socioéconomiques. Cependant, on ne cessera pas non plus de dire que notre pays aura beaucoup à gagner s’il renforce résolument ses outils tant diplomatiques que populaires en termes d’explication de la légitimité de ses arguments inhérents à la marocanité du Sahara.
On ne comprendra pas pourquoi on s’entête encore à «caser» les « grosses personnalités » du Polisario qui ont rallié la mère patrie, dans les rouages du ministère de l’Intérieur, à quelques exceptions près, alors qu’ils auraient dû, compte tenu de leur connaissance parfaite des pratiques éhontées du Polisario et ses protégés algériens, faire le tour des nations pour convaincre encore plus tous ceux qui continuent à être induits dans l’erreur. Ces ralliés, qui occupaient à l’époque des postes clés dans l’ossature du système polisarien, notamment les affaires extérieures, la formation et la communication…sont censés mettre à nu toutes les manœuvres d’une complicité hégémonique hostile, à partir des faits et des argumentaires concrets.
D’autant plus que leur décision ferme de couper avec les séparatistes en tant que plaques tournantes et leur maîtrise de la langue véhiculaire conforteront, à coup sûr, la position du Maroc dans les communautés planétaires. Aujourd’hui, l’implosion progressive du Polisario et la crédibilité de la proposition du Maroc, accentuée par la régionalisation avancée et la réintégration du pays dans l’enceinte de l’Union Africaine, s’érigent en facteurs favorables pour intensifier encore davantage les réformes multidimensionnelles et tonifier de plus belle les campagnes agressives en faveur de notre intégrité territoriale.